La Psychologie de l’Enfant et de l’Adolescent








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La Psychologie de l’Enfant et de l’Adolescent
Michael Hesselnberg

Psychologue clinicien

Psychanalyste
Avant-Propos

Cet ouvrage s’adresse à tous les étudiants qui se destinent à exercer dans le champ—vaste et fermé à la fois—médico-social , médico-éducatif , éducatif ou psychologiques ; c’est-à-dire dans tout domaine où « le fait psychologique » a droit de cité.

C’est pourquoi d’ailleurs cet ouvrage peut aussi intéresser tout néophyte s’intéressant à ce « fait psychologique ».
De nombreux métiers , surtout récents, cherchent à se distinguer par un hermétisme de leur code linguistique et ceci est largement le cas dans le champ professionnel désigné ci-dessus.

Le langage « psy » est l’apanage des professionnels « initiés » et les démarque des autres interlocuteurs pourtant de plus en plus nombreux dans ce domaine. Si l’on souhaite que « le fait psychologique » soit considéré comme un outil , et comme l’outil le plus efficace dont nous disposons dans notre domaine professionnel , il faut lui ôter son côté hermétique et expliquer clairement ce que nous savons avec assurance, ce que nous savons par intuition et ce que nous ne savons pas encore mais où nous attendons encore des résultats d’études plus poussées pour intégrer tel ou tel fait dans le corpus des connaissances établies.
Le but de cet ouvrage est double : d’une part exposer de la façon la plus claire possible l’état de nos connaissances dans le domaine de la

psychologie de l’enfant et de l’adolescent , d’autre part permettre aux futurs éducateurs , éducateurs de jeunes enfants , aides médico-pédagogiques , etc , de faire le point sur leur connaissances.
Ce livre comprend trois parties :


  1. La première partie , consacrée à l’introduction présente la psychologie de l’enfant depuis ses origines ( et la situe par rapport à quelques champs annexes ou voisins ) ;



  1. La deuxième partie expose tout ce qu’il faut savoir sur ce sujet sous formes de questions qui annoncent le développement d’un point important ou qui permettent de récapituler un sous-chapitre . Les mots- clefs et les noms des personnages qui appartient à la psychologie sont inscrits dans la marge dans le but d’aider le lecteur dans ses recherches ;


  1. La troisième partie comprend :




  1. une bibliographie d’ouvrages de référence

  2. le répertoire des questions , par chapitre

  3. l’index des mots-clefs

  4. l’index des noms propres

5. des annales ( avec des propositions de corrigés )
Avec ce livre , le lecteur peut donc à tout moment trouver :


  1. Le point précis qu’il veut étudier

  2. La théorie d’un psychologue en particulier

  3. La réponse à la question qu’il se pose

  4. Un entraînement pour son examen



Si ce livre pouvait servir à ces fins et de plus transmettre un tant soit peu le plaisir de comprendre par exemple ce qui se passe lorsqu’un enfant joue devant nos yeux ou cherche à comprendre un raisonnement jusque là inconnu , si le lecteur ( en plus de tout ce qui est noté ci-dessus ) pouvait saisir la complexité de ces « aventures humaines » , pourtant si simples en apparence , le but de l’ouvrage est largement atteint.

Plan du livre :
I INTRODUCTION


  1. L’enfance, un concept au carrefour des sciences




    1. L’enfance et l’histoire

    2. L’enfance et la sociologie

    3. L’enfance et le droit

    4. L’enfance et les théories de la communication


II CORPUS


  1. L’enfance dans l’histoire et la méthodologie de la psychologie




    1. La psychologie expérimentale

      1. La méthode expérimentale

      2. Les méthodes statistiques ( dont la courbe de Gauss)

      3. Les recherches sur l’intelligence

    2. La psychologie clinique

      1. L’examen psychologique

      2. La rencontre entre la psychologie clinique et la psychanalyse




  1. Approches psychologiques




    1. Observation de l’enfant

    2. Le jeu chez l’enfant

      1. Etudes éthologiques du jeu

      2. Etudes psychologiques du jeu

      3. Etudes psychanalytiques du jeu

    3. La reconstruction par les analystes

  1. Les trois points de vue du fonctionnement psychique

    1. le point de vue dynamique

    2. le point de vue topique

    3. le point de vue topique

  2. Les pulsions

    1. les pulsions sexuelles

    2. les pulsions agressives

  3. Le refoulement



  1. La vision génétique du développement affectif

I Le stade oral

    1. le développement psychosexuel

    2. la relation d’objet


II Le stade anal

  1. le développement psychosexuel

  2. la relation d’objet

    1. le sadisme

    2. le masochisme

    3. l’ambivalence

    4. Bi- et Homosexualité


III Le stade phallique

  1. le développement psychosexuel

    1. l’érotisme urétral

    2. la masturbation infantile

    3. la curiosité sexuelle infantile

    4. les théories sexuelles infantiles

  2. l’aspect narcissique et prégénital du stade phallique

  3. l’angoisse de castration


IV Les stades génitaux

A) Le complexe d’Œdipe

1) la découverte du complexe d’Œdipe

          1. la forme dite positive

          2. la forme dite négative

          3. des cas mixtes

    1. l’anthropologie psychanalytique

    2. la prohibition de l’inceste

    3. sur la question d’une « structure » préoedipienne

          1. la triangulation

          2. l’Œdipe féminin

    4. Essai de définition

B)La relation d’objet oedipien

C) Effets , rôles et fonctions du complexe d’Œdipe

D) Moi , Sur-Moi , Idéal du Moi

1) l’identification

2) le développement du Sur-Moi


3) fonctions du Moi , du Sur-Moi et de l’Idéal du Moi

  1. les fonctions du Moi

  2. les fonctions du Sur-Moi

  3. l’Idéal du Moi


V La période de latence

  1. le développement psychosexuel

  2. la relation d’objet


VI La puberté

  1. le développement psychosexuel

    1. la phase intermédiaire

    2. la crise narcissique

    3. la puberté proprement dite

    4. la masturbation

    5. la puberté est surmontée

  2. la relation d’objet ; le choix objectal



  1. Le concept de « stade de développement » en psychologie génétique




    1. Problèmes généraux

    2. Le débat continuité-discontinuité ;équilibre-déséquilibre

    3. Le problème de la différenciation et de l’intégration

    4. Conclusion provisoire




  1. Apports théoriques de la psychologie génétique




    1. Wallon

    2. Piaget

    3. La psychanalyse de l’enfant

    4. Les recherches modernes

      1. La vie anténatale

      2. Les compétences du nouveau-né (Brazelton)

      3. Autres recherches en cours



    1. L’adolescence, une étape cruciale dans le développement

      1. Répétitions et changements

      2. La puberté : aux origines du processus

      3. La « folie pulsionnelle

      4. Résurgence de l’Œdipe

      5. Adolescence et remise en jeu de la position dépressive

      6. Le narcissisme à l’adolescence

      7. Adolescence et évolution socio-culturelle



  1. Applications de la psychologie génétique




    1. L’enfant malade

    2. La psychopathologie

    3. La psychopédagogie par rapport à l’enfant handicapé

    4. Les thérapies psychologiques


III CONCLUSION
IV Bibliographie
V Répertoire des questions ( du corpus)
VI Répertoire des mots-clés cités (en marge du corpus)
VII Index des noms propres cités ( en marge du corpus)
VIII Lexique de quelques auteurs cités
IX CONTROLE DES CONNAISSANCES

ANNALES avec une méthode de traitement proposée

ainsi que quelques corrigés complets



I. INTRODUCTION
Parler de psychologie de l’enfant ou de psychologie génétique embrasse le même sujet d’étude.

I


Psychologie de l’enfant
Psychologie génétique
l arrive que l’on parle indifféremment de psychologie de l’enfant même si l’adolescence en fait partie) ou de psychologie génétique. Mais l’angle du point de vue n’est pas tout à fait le même :lorsque l’on parle de psychologie de l’enfant on souligne son objet d’étude qui est l’enfance ; en parlant de psychologie génétique nous privilégions la genèse des fonctions chez l’enfant (intelligence ;affectivité ;développement psychomoteur etc.),ce n’est nullement une référence à la génétique biologique.

Si la psychologie générale s’est progressivement détachée de la philosophie au cours du XVIIIe siècle il ne s’agissait au début encore que de spéculations métaphysiques ;il était encore moins question de l’enfant.

La psychologie s’est émancipée comme science au cours du XIX e siècle par la méthode dite « expérimentale » ; méthode qui consiste à observer les réactions précises d’une fonction donnée (attention ; mémoire ; sens de l’observation pour ne citer que quelques exemples) d’un individu précis dans une situation dite

« standardisée » et observer les variations de la fonction de l’individu en fonction d’une variation de la situation standardisée.

Cette naissance de la psychologie scientifique se faisait avec les adultes{nous parlerons plus loin de la place particulière de la psychologie de l’enfant dans l’histoire de la psychologie}.

C’est la raison pour laquelle les thèses de FREUD au début du

XXe siècle sur la sexualité infantile ont provoqué un tel tollé, l’enfance étant encore considérée comme « âge innocent ».

1.)L’ENFANCE , UN CONCEPT AU CARREFOUR DES SCIENCES


  1. L’enfance et histoire

  2. L’enfance et la sociologie

  3. L’enfance et le droit

  4. L’enfance et les théories de la communication


En y regardant de plus près nous nous rendons compte que le concept de « l’enfance » n’est pas propre à la psychologie. Une multitude de sciences s’intéressent à l’enfance et à son évolution.

C
médecine
itons d’abord la médecine qui a apporté de nombreuses connaissances sur la croissance somatique (corporelle) et neurologique de l’enfant, sur les variations physiologiques de tel ou tel organe du corps au cours de la croissance.

L

Psychologie de l’enfant
a psychologie de l’enfant
qui étudie la naissance et le fonctionnement de la vie psychique de l’enfant sous son double aspect affectif et intellectuel. Nous y reviendrons tout au long de ce livre.

M

législateur

historiens
ais d’autres disciplines ont commencé à s’intéresser à l’enfance dès le XIXe siècle ;par exemple au milieu du XIXe siècle le législateur a commencé à réglementer puis interdire le travail des enfants ; l’enfant devenait un sujet de droit intéressant cette discipline.

Puis des historiens ont établi que la notion de «  l’enfance » n’existait pas dans l’Antiquité et s’est lentement constituée à travers les siècles depuis le Moyen Age.

L
sociologie
a sociologie
qui étudiait la transformation de la famille avec l’arrivée de l’industrialisation et la migration des campagnes vers les villes s’intéressait aussi à la place de l’enfant dans cette famille changeante.

I
ethnologie
l y a l’ethnologie qui étudie entre autres les modes d’élevages et la place de l’enfant dans d’autres sociétés que celle du modèle occidental.

Nous pouvons par moment assister à une certaine cacophonie lorsque l’on parle de l’enfance et il convient de préciser de quel point de vue on la considère et avec quels outils de quelle discipline on l’étudie.

Ci-après nous allons donner quelques exemples (non-exhaustifs ) de
« l’enfance » comme sujet d’autres disciplines.
1.1 L’enfance et l’histoire
Les historiens se sont intéressés au concept de « l’enfance »

surtout depuis livre devenu célèbre « L’enfant et la vie familiale sous l’Ancien Régime » de Philippe Ariès ( 1960 ) ; on notera aussi

l
Perrot

Badinter
es travaux de Michelle Perrot sur la famille et la vie privée et d’Elisabeth Badinter sur l’amour maternel.

Ariès étudie la représentation de l’enfant dans l’art à travers les siècles et il a noté qu’avant le XIIe et XIIIe siècle l’enfant était représenté comme un petit adulte c’est-à-dire reconnaissable uniquement par sa petite taille.

Ce n’est que qu’à partir du XIIIe siècle que l’art ( la peinture et

la sculpture ) accorde une morphologie propre à l’enfant représenté.
E
Ariès
n partant de ce constat et en étudiant les modes de vie des populations ( en France ) à travers l’histoire Ariès arrive à deux périodes :

1ere période :

  • La vieille société traditionnelle se représentait mal l’enfant et encore moins l’adolescent. La durée de l’enfance était réduite à sa période la plus fragile quand l’enfant n’arrivait pas à se suffire.

L’enfant à peine débrouillé physiquement était mêlé aux adultes partageant leurs travaux et leurs jeux.

De très petit enfant il devenait tout de suite un homme jeune sans passer par les étapes de la jeunesse devenues des aspects essentiels des sociétés évoluées d’aujourd’hui.

La socialisation et la transmission des valeurs et savoirs n’étaient donc pas assurées par la famille , l’enfant s’éloignait vite de ses parents.

L’éducation a été assuré par l’apprentissage grâce à la coexistence des enfants et des adultes. Il apprenait les choses qu’il fallait savoir en aidant les adultes à les faire. Les échanges affectifs et les communications sociales étaient assurés en dehors de la famille par un milieu très dense et chaud composé de voisins , d’amis , de maîtres et serviteurs , d’enfants et de vieillards , de femmes et d’hommes.

2e période

  • La 2e période commence à partir de la fin du XVIIe siècle lorsque

progressivement l’école s’est substituée à l’apprentissage comme moyen d’éducation. Cela veut dire que l’enfant a cessé d’être mélangé aux adultes et d’apprendre la vie directement à leur

contact.

Il a été séparé des adultes et maintenu à l’écart ( la scolarisation )

avant d’être lâché dans le monde.

Cette séparation des enfants et des adultes était due en très grande partie à la tentative de moralisation des hommes voulue par les hommes de l’Eglise.

L
Sentiment de

famille
es parents s’intéressèrent aux études de leurs enfants reconnus comme une chance et la famille devint un lieu d’affection de par cet intérêt des parents.

Pour Ariès le sentiment de famille est né avec la scolaristion intense de la jeunesse.

D’autres historiens ont affiné cette étude longitudinale de l’enfance à travers les époques. Il semble donc maintenant

assuré que la place accordée à l’enfant est variable suivant

les sociétés et qu’elle s’est surtout considérablement modifiée à

partir du XIXe siècle , sous l’effet du culte de la maternité.

C


attachement
’est à cette époque que l’enfant devient l’objet d’un attachement spécifique qui ne fera que croître avec les progrès de la médecine , puis la généralisation de la contraception dans les sociétés industrielles.

Il semble aller de soi que plus le taux de mortalité diminue , plus la perte d’un enfant est douloureuse.

De même , plus l’enfant est désiré consciemment plus sa place

est censée devenir importante dans l’affect parental.

C’est dans ce contexte et dans la crise de la famille bourgeoise

que sont nées la psychologie de l’enfant et la psychanalyse .

( voir plus loin aussi dans 2.2 et 2.2.2 ).

1.2 L’enfance et la sociologie
La sociologie en tant que science des phénomènes sociaux s’est

intéressée à « l’enfance » comme objet d’étude sous de multiples aspects ; nous n’allons que citer quelques exemples :

  • le changement du regard sur « l’enfance » décrit par les historiens a été conceptualisé par les sociologues en termes de « statut » et de « rôle » , le « statut » étant attribué par l’extérieur ( la société ) lui laissant plus ou moins de liberté d’assumer le « rôle » qu’il est censé y jouer.

L
Structure familiale réduite
’industrialisation , la migration des campagnes vers la ville , le travail des enfants ayant fait éclater les structures familiales anciennes la sociologie a étudié en détail les relations sociales à l’intérieur de cette nouvelle structure familiale réduite et la place qui y est désignée aux enfants.

Bien d’autres changements de la société , des moeurs , de la famille ont été analysés par les sociologues du point de vue de

leur impact sur l’enfance.

L’émancipation des femmes ( le passage de « l’autorité paternelle » à celle de « l’autorité parentale » ) ,

la multiplication des cas de divorce et l’attribution du droit de garde des enfants et de façon concomitante la multiplication des

« familles recomposées » , le prolongement de la scolarité ; le

chômage des jeunes et leur séjour prolongé au domicile des parents ont été décrits et analysés en détail par les sociologues .
Un autre phénomène a été analysé très finement par la sociologie : c’est la somme croissante d’argent de poche à la disposition des enfants qui a été analysée en termes de pouvoir d’achat d’un groupe spécifique de la société et qui est devenue la cible privilégiée d’une publicité spécifiquement conçue pour les enfants.

La sociologie a également mis en évidence que dans les différentes couches sociales qui composent une société les « statuts » et « rôles » des membres d’une famille ne sont pas définis de la même façon.

Aujourd’hui on peut également—grâce , entre autres , à la sociologie—évaluer la santé ou pathologie d’un groupe familial en tenant compte de sa façon de se comporter face aux attentes qu’a la société envers lui.

Ce dernier point fait partie de la théorisation d’une thérapie psychologique particulière qu’est la « thérapie familiale » mais qu’il serait trop long d’aborder ici.

Un dernier point—notamment par rapport à la sociologie—doit être souligné :

deux sciences voisines ( ici la psychologie et la sociologie )

peuvent avoir le même sujet d’étude (« l’enfance ») mais arriver à des résultats qui peuvent sembler contradictoires si l’on ne retient pas que le point de vue précis sur son objet d’étude n’est jamais le même d’une science à l’autre et que les méthodologies divergent.

Ainsi la sociologie a étudié les changements de « rôles »

et de « statuts » du père et de la mère à l’intérieur de la famille suite à l’émancipation des femmes et comment l’enfant était impliqué dans ces changements.

Parallèlement les psychologues ont mis en évidence que simultanément à cette évolution dans l’imaginaire des enfants la mère représente toujours « l’amour’, « la protection » et « la permissivité » alors que le père continue de représenter « la loi » et « la répression ».

Ce pont doit nous rappeler qu’il faut toujours beaucoup de prudence lorsque l’on veut généraliser un phénomène observé et plus encore lorsque l’on cherche à le transposer d’une science à l’autre.


1.3 L’enfance et le droit
Le droit ne s’est intéressé à « l’enfance » que tardivement dans l’histoire ( voir 1.1 ) ; les premières applications du droit à

l’enfance ont commencé au XIXe siècle par rapport au travail des enfants .

L
Convention Internationale

des Droits de l’Enfant
a Convention Internationales des Droits de l’Enfant adoptée par l’ONU en 1989 ( symboliquement deux cents ans après la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme et du Citoyen )

a lancé un débat intéressant pour les juristes et autres spécialistes s’intéressant à l’enfance.

En fait , dans ce débat se révèlent deux conceptions antagonistes de « l’enfance » qu’il est important de connaître :

  • L
    Protection de

    l’enfance
    a première conception est fondée sur l’idée de protection de l’enfance. L’enfant bénéficie d’une série de créances afin de devenir un adulte responsable : parmi ces créances l’éducation et et l’instruction figurent parmi les principaux droits.

C
Principe de la

représentation
et enfant est considéré non comme un adulte « en miniature mais comme une personne « en devenir ». Il bénéficie , dans l’exercice de ses droits , d’un statut protecteur fondé sur le principe d’irresponsabilité du mineur et réglé par le principe de la représentation ( le ou les parents ou un tuteur désigné représentent l’enfant).

D’après ce principe protecteur de l’enfance le législateur est intervenu à de nombreuses reprises depuis le XIXe siècle

( citons juste quelques étapes ) :

1841 , interdiction du travail des enfants ; 1874 , interdiction de la mendicité enfantine ; 1874 , droit de regard sur les nourrices ; 1889 , déchéance du père indigne ; 1898 , déchéance en cas de mauvais traitements ; etc.

Cette conception humaniste du droit protégeant l’enfant mineur a été battu en brèche par un courant anglo-saxon qui a finalement réussi à faire adopter les Droits de l’Enfant.

  • Ces juristes ont une autre vision de l’histoire de « l’enfance » ; ils appellent à « libérer les enfants » de la même façon que l’on a accordé les droits à d’autres minorités ( p.ex. les Noirs ; les homosexuels ; etc.).


L’enfant comme sujet

de droit
En instituant ainsi l’enfant comme « sujet de droit » on nie l’incapacité de l’enfant qui n’a plus besoin d’être représenté.

On en est arrivé alors à la notion d’« enfant-citoyen »

ce qui crée des ambiguïtés importantes ( voir l’exemple du

« Parlement des enfants » qui lui fait jouer une parodie du pouvoir amputé de la responsabilité propre au citoyen-adulte).

Les juristes français se gardent de faire coller l’évolution du droit à celle des âges de la vie.
Le droit n’a pas pour fonction de refléter la société ou la biologie (même s’il y est très sollicité ) ; -il est un artifice culturel qui institue des normes souvent même au mépris de la réalité prosaïque ( voir l’exemple de se faire père d’enfant que l’on n’a pas conçu ou en droit arabe avec la fiction de « l’enfant qui dort » , d’attribuer la paternité de l’enfant d’une veuve au mari de celle-ci même si le défunt est mort depuis longtemps).

Accorder des droits à l’enfant est dangereux dans ce sens que

l’enfance était jusqu'à maintenant impensable sans sa famille , sans la société des hommes , sans l’Etat.

En postulant que l’enfant est une personnalité juridique l’on crée des droits à exercice aléatoire , des droits virtuels , des droits sans aucune garantie.

Ceci est même dit dans la Convention des Droits de l’Enfant :

ces droits ne sont pas universels , les Etats doivent simplement s’efforcer de les assurer « dans la mesure de leurs moyens ».

Ainsi nous constatons à travers l’adoption de cette Convention Internationale des Droits de l’Enfant—sûrement issue d’intentions nobles—qu’en matière d’enfance rien n’est simple

et suivant la lecture que l’on fait de l’histoire de l’enfance on peut aboutir à des résultats diamétralement opposés.

1.4 L’enfance et les théories de la communication
Devant l’insuccès des traitements psychiatriques et des psychothérapies des patients schizophrènes, des psychiatres et des psychologues américains ont, dès les années 40, expérimenté de nouvelles méthodes thérapeutiques reposant sur une nouvelle théorisation de cette maladie mentale.

Ces psychologues avaient déjà constaté que la communication était brouillée, non seulement entre les patients schizophrènes (la schizophrénie est une maladie mentale de l’adulte très grave consistant en une dissociation de la personnalité)

et leurs thérapeutes, mais également à l’intérieur de leurs familles d’origine.
L
Changement de cadre
es psychologues postulaient qu’en changeant de point de vue, c’est-à-dire en étudiant, non seulement le patient schizophrène, mais tout son système familiale, en changeant ainsi de cadre on arriverait à des résultats autrement plus intéressants.
L
Haley
e psychiatre américain Haley a écrit en 1978 (traduit par nous) comment la lecture d’un même phénomène peut changer en élargissant le cadre d’étude :
« 1.)Individuel :un garçon de dix ans ne veut pas sortir de la maison en disant qu’il a peur des chiens. D’un point de vue individuel il une phobie des chiens.

2.)Dyade :Si l’on constate que la mère du garçon est constamment avec lui à cause de ce problème et qu’elle ne s’intéresse dans la vie qu’au garçon et à ses phobies, on peut dire que l’unité du problème est la dyade mère-enfant. La phobie des chiens permet de maintenir une relation surinvestie entre la mère et l’enfant.

  1. Triade :Si l on observe les patterns du comportement entre la mère, le père et l’enfant on constate que la mère et le père s’évitent l’un l’autre sauf par rapport au problème du fils. Quand la mère et le père sont dans une situation trop conflictualisée ils se réconcilient en se consolant l’un l’autre sur le problème du fils. D’un point de vue triadique le garçon aide à maintenir le couple de par son problème. » 

Cette longue citation permet d’entrevoir comment on passe d’un problème individuel à un problème de communication intrafamiliale.

Certains théoriciens américains allèrent plus loin en recourant aux modèles de la cybernétique (science qui étudie les mécanismes de contrôle et de communication dans les machines ; le domaine de la cybernétique s’est étendu aux êtres vivants suite aux travaux de ces théoriciens travaillant sur la schizophrénie).

Le modèle le plus connu qu’ils empruntèrent à la cybernétique fût celui de la « boite noire ».En cybernétique une boite noire est un phénomène (comme p.ex. un mécanisme de régulation) dont on ne sait rien à priori.

Mais l’on étudie ce que l’on appelle « input » en cybernétique c’est-à-dire les informations arrivant à la boite noire ; puis l’on étudie « l’output » c’est-à-dire les informations émises par la boite

noire et l’on compare la différence entre input et output. Une fois cette différence constatée on sait en quoi la boite noire

a modifié le flux de l’information. En partant de là le cybernéticien peut faire des hypothèses sur le fonctionnement de la boite noire. Voyons cela rapidement avec trois petits schémas :

  1. Input-----Boîte Noire-----Output



  1. Input------BN--------Output

x x

x x

x x

Comparaison

3.Input------BN--------Output

x x x

x x x

x Hypothèses x

x x x

Comparaison
Ce modèle a l’avantage que le chercheur puisse observer le plus objectivement possible la modification de l’input en output sans être influencé par des présupposés théoriques sur le fonctionnement de la boite noire.

Appliqué au patient schizophrène les chercheurs ont étudié les informations qu’il recevait habituellement dans son milieu

c’est-à-dire sa famille d’origine et les comportements et affirmations « fous » qu’il émettait.

Ces études ont montré que le patient schizophrène est soumis dès son jeune âge à une communication dite « paradoxale ».Cette « communication paradoxale » veut dire qu’il y a une affirmation simultanée de deux énoncés logiquement incompatibles et/ou une affirmation verbale et un comportement non-verbal qui expriment le contraire.

Les chercheurs américains ont illustré ce phénomène à l’aide d’une petite histoire devenue célèbre (mais la réalité est bien pire, bien plus folle que cet exemple qui peut paraître amusant ):

Une mère offre deux cravates de couleurs différentes à son enfant et lui demande d’en mettre une. Lorsque l’enfant se montre à sa mère

avec l’une des deux cravates la mère lui reproche de ne pas avoir mis l’autre.
D
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