La connaissance de l’auteur n’est pas requise. IL faut et IL suffit que l’explication rende compte, par la compréhension précise du texte, du problème dont IL est question








télécharger 91.12 Kb.
titreLa connaissance de l’auteur n’est pas requise. IL faut et IL suffit que l’explication rende compte, par la compréhension précise du texte, du problème dont IL est question
date de publication11.04.2017
taille91.12 Kb.
typeDocumentos
m.21-bal.com > loi > Documentos

LA METHODE DE L’EXPLICATION DE TEXTE PAR L’EXEMPLE



Texte :

« Qu’est-ce que l’artiste ? C’est un homme qui voit mieux que les autres car il regarde la réalité nue et sans voile. Voir avec des yeux de peintre, c’est voir mieux que le commun des mortels. Lorsque nous regardons un objet, d’habitude, nous ne le voyons pas ; parce que ce que nous voyons, ce sont des conventions interposées entre l’objet et nous ; ce que nous voyons, ce sont des signes conventionnels qui nous permettent de reconnaître l’objet et de le distinguer pratiquement d’un autre, pour la commodité de la vie. Mais celui qui mettra le feu à toutes ces conventions, celui qui méprisera l’usage pratique et les commodités de la vie et s’efforcera de voir directement la réalité même, sans rien interposer entre elle et lui, celui-là sera un artiste. »

BERGSON

La connaissance de l’auteur n’est pas requise. Il faut et il suffit que l’explication rende compte, par la compréhension précise du texte, du problème dont il est question.

Remarques sur le texte : Nous avons choisi volontairement 1) un texte court, de façon à vous montrer la manière de le « faire parler » 2) un texte apparemment simple, qui ne pose pas de problème de compréhension immédiate. Attention, l’apparente facilité du texte ne doit pas vous faire oublier que l’auteur traite d’un problème philosophique important.


Comment présenter l’introduction ? L’introduction est très importante, et doit compter une vingtaine de lignes. Elle comporte trois étapes (aller à la ligne sans sauter de ligne à chaque étape) :


1ère étape – Entrée en matière (on prend un exemple qui illustre le problème traité par l’auteur et qui permet de présenter le texte ; NE JAMAIS COMMENCER PAR DE « de tout temps les hommes », « depuis la nuit des temps… ») : Un artiste comme Arthur Rimbaud a cherché dans son activité poétique un moyen de créer un monde nouveau, inconnu. Pour cela, comme il le dit dans sa lettre du 15 mai 1871 à Paul Demeny, « le Poète doit se faire voyant par un long, immense et raisonné dérèglement de tous les sens ». Ainsi, selon Rimbaud, l’artiste est justement celui qui réussit à avoir des hallucinations, autrement dit, celui qui ne voit pas la réalité telle qu’elle est. C’est le thème du rapport de l’artiste à la réalité qui est ici abordé par Bergson dans ce texte (on présente les références et le thème du texte ; PAS DE CONSIDERATIONS BIOGRAPHIQUES).

2ème étape – Problématisation (votre note dépend de cette étape de votre introduction) : L’artiste perçoit-il la réalité mieux que les autres ? (on énonce d’abord la problématique) L’artiste selon Bergson est « voyant », mais ce qu’il voit, ce ne sont pas des hallucinations, mais la réalité elle-même. La réalité ici désigne l’ensemble des choses extérieures à notre conscience, ce qui existe objectivement en dehors de nous. L’artiste est ainsi celui qui perçoit la vérité des choses, contrairement au savant (On présente la thèse du texte en définissant les termes importants). En soutenant cette thèse, Bergson présuppose que l’activité artistique entretient un rapport étroit avec la notion de vérité. Mais l’art n’est-il pas avant tout le fruit de notre imagination ? N’obéit-elle pas plutôt à la norme du beau plutôt qu’à celle du vrai ? Bergson semble revenir à l’association platonicienne du vrai et du beau (on dégage le présupposé de la thèse puis on le remet en question ; si l’on ne parvient pas à dégager le présupposé, on montre les limites de la thèse de l’auteur ; on peut aussi indiquer, ce qui revient au même, contre qui Bergson argumente ; ici Bergson conteste l’idée selon laquelle l’art nous éloigne de la réalité, et nous propose un monde purement imaginaire).

  • Il faut montrer que la thèse de l’auteur ne va pas de soi, et que l’on peut lui faire des objections.

La définition de l’artiste que nous donne Bergson évacue deux pôles importants de son activité : son ascpet créatif et son aspect technique. Peut-on réduire l’art à une vision ? D’autre part la thèse de Bergson réhabilite le statut de l’art, que le scientisme contemporain assimile à celui de simple loisir : si l’artiste voit vrai, alors l’artiste est indispensable à notre société. Cela signifie-t-il qu’il faut préférer l’activité artistique à la science ? La vérité artistique est-elle supérieure à la vérité scientifique ? Mais inversement, peut-on n’envisager qu’une société d’artistes ? L’artiste peut-il communiquer sa vision aux autres hommes ? Peut-il les aider à mieux voir la réalité ? (on soulève les enjeux de la thèse de l’auteur, c’est-à-dire ses conséquences pratiques. En quoi cette thèse nous concerne-t-elle aujourd’hui ? Pourquoi l’auteur veut-il résoudre ce problème ?)

3ème étape – Plan : Il faut suivre le déroulement chronologique du texte. Les parties de l’explication correspondent à des parties successives du texte. Chaque partie du texte correspond à un moment de l’argumentation. Il faut indiquer clairement les délimitations des parties (préciser les numéros de ligne) et surtout expliciter le lien logique entre les parties (cause/conséquence/explication/digression/objection etc.).

Dans les deux premières lignes, Bergson va s’attacher à formuler une définition de l’artiste. Puis, de la ligne 2 à 5, il poursuit ce travail, mais négativement, en décrivant le point de vue de l’homme ordinaire. Enfin, dans les dernières lignes de son texte, Bergson va expliquer pourquoi l’artiste est celui qui « voit mieux que les autres » : c’est précisément, et paradoxalement parce que l’artiste n’a pas le sens des réalités qu’il voit mieux la réalité.


Comment présenter le développement ? Il est important :

  1. de toujours montrer que les idées de l’auteur posent problème,

  2. de prouver que le texte est un tout cohérent (essayer de faire le maximum de renvois dans la seconde partie à la première, dans la troisième à la seconde…) qui suit un fil conducteur : la problématique. Attention aux transitions, très importantes.

  3. De décortiquer le texte : préférer un mot à mot à une dissertation plaquée sur le texte.

  4. De sauter des lignes de façon à bien distinguer visuellement introduction, première partie, première sous-partie…

  • Le texte philosophique est à concevoir comme un « texte à trous », il vous faut « écrire entre les lignes » les justifications des idées de l’auteur (pourquoi dit-il cela ?). il s’agit de « comprendre l’auteur mieux qu’il ne s’est compris lui-même », et de dialoguer avec le texte.

Première partie (lignes 1 à 2)  - la définition de l’artiste :

Phrase d’introduction (on expose le problème que va traiter la première partie du texte, sous-problème qui dérive de la problématique) : Qu’est-ce qu’un artiste ? demande Bergson. Question épineuse. L’artiste n’est-il qu’un artisan ? Est-il doué d’un génie inexplicable comme l’affirme Kant ? Est-il un « inspiré des dieux » comme le suggère le dialogue de Platon Ion ? Dans les deux premières lignes de son texte, Bergson propose une définition de l’artiste qui rattache celui-ci à la réalité (toujours rappeler la problématique : chaque grande partie traite la problématique).


Comment organiser les sous-parties d’une grande partie ?

Expliquer un texte, c’est :

  1. On commence par indiquer le problème étudié avant de formuler la réponse de l’auteur. Ce problème peut être la problématique ou un aspect de la problématique.

  2. Dire ce que fait l’auteur avant de dire ce qu’il dit (il fait une objection, une remarque, une digression, une démonstration, une définition…). Il faut toujours rattacher le passage expliqué au reste du texte.

  3. Dire ce que dit l’auteur (attention aux contresens)

  4. Dire ce qu’il ne dit pas (parfois les propos de l’auteur sont ambigus et il faut montrer pourquoi)

  5. Dire comment il le dit (on analyse le texte et on définit les concepts importants)

  6. Illustrer ce qu’il dit (avec vos propres exemples, sauf si l’auteur donne des exemples qu’il faudra alors analyser)

  7. Et surtout, moment le plus crucial de l’explication, pourquoi il le dit. L’auteur donne parfois des justifications, mais il faut souvent mettre à jour l’implicite du texte.

  8. Qui vise l’auteur ? Contre qui argumente l’auteur ?

  9. Critiquer l’argument de l’auteur.

  10. Faire le bilan du passage expliqué

En respectant ces étapes (QUOI, COMMENT, POURQUOI, OBJECTION), vous ne ferez pas de paraphrase. Attention à bien repérer l’ironie ou le ton polémique.

En ce qui concerne les sous-parties, il n’est pas indispensable de suivre l’ordre linéaire du texte.

1ère possibilité :

1/ Argument de l’auteur  (distinguer argument et thèse : la thèse est la position défendue par l’auteur, quand l’argument est une des idées qui étayent la thèse) :

  1. Statut argumentatif de l’idée : exemple, affirmation, objection, digression…

  2. Reformulation de l’idée de l’auteur avec vos propres termes.

  3. Explicitation de l’idée de l’auteur en analysant le texte : il faut décortiquer au maximum le texte de façon à dégager tous les aspects de l’argument, et notamment, ses conséquences

    1. Relever le choix des mots, qui permet d’éclairer le sens du passage.

    2. Définition des notions importantes. Chaque auteur définit ses concepts de manière originale. Penser à montrer en quoi l’auteur s’éloigne de la tradition.

    3. Remarquer les effets de style pertinents (paradoxe, métaphore…). Attention, inutile de « noyer » votre explication dans des observations sur le style qui n’apportent pas d’information pour comprendre le texte.

  4. Illustration de l’idée, soit en s’appuyant sur un exemple donné par l’auteur, soit en imaginant un exemple. On peut à ce moment faire référence à des auteurs soutenant des thèses similaires.

  5. Justification de l’idée : pourquoi l’auteur dit-il cela ?

    1. Soit l’auteur l’exprime explicitement : vous devrez mettre en relief sa justification, toujours en vous appuyant sur le passage.

    2. Soit l’auteur ne justifie pas son propos et il faut envisager une justification possible, en s’appuyant sur d’éventuels indices du texte. Il faut dégager l’implicite du texte. Souvent, il faudra recourir à son imagination pour trouver une justification.

  6. Phrase récapitulative qui souligne le problème résolu par l’argument et qui rappelle la problématique.

2/ Critique de l’argument de l’auteur :

  1. Faire le lien avec la sous-partie précédente, indiquant qu’on va discuter le point de vue de l’auteur.

  2. A quelle thèse s’oppose éventuellement l’auteur (souvent les textes philosophiques visent un adversaire idéologique) ?

  3. Quelle objection peut-on faire à l’argument de l’auteur ? Il s’agit de montrer que l’argument de l’auteur « ne va pas de soi ».

  4. Que penser de la justification de l’auteur ? « Tient-elle la route » ?

  5. Défendre l’argument de l’auteur malgré ses failles (principe de « charité herméneutique : toujours montrer que l’argument est rationnel)

2ème possibilité, lorsque le passage comporte deux idées distinctes :

1/ 1ère idée de l’auteur :

Même séquence argumentative, mais entre le 4 et le 5, on insère la critique de l’idée de l’auteur.

2/ 2ème idée de l’auteur :

Même séquence argumentative. Il faut absolument souligner le lien entre la première sous-partie et la seconde sous-partie.



Passage expliqué :

« Qu’est-ce que l’artiste ? C’est un homme qui voit mieux que les autres car il regarde la réalité nue et sans voile. »

Remarque : Vous voyez qu’une seule phrase peut faire l’objet d’une grande partie, du fait des difficultés qu’elle contient. Inversement, un long passage peut être expliqué rapidement.

Ici, nous choisirons de développer l’idée de l’auteur, puis dans un second temps, sa critique.
1/ L’argument – l’artiste est celui qui a un contact plus étroit avec la réalité :

NOUS SEPARONS LES DIFFERENTES ETAPES DE L’EXPLICATION (ce que dit l’auteur, comment, pourquoi…) MAIS CETTE SEPARATION EST ARTIFICIELLE. EN REALITE LES DIFFERENTS MOMENTS SONT SOUVENT SIMULTANES (notamment le comment et le pourquoi).

Ce que fait l’auteur : « Qu’est-ce qu’un artiste ? » demande Bergson. C’est donc par une définition qu’il répond à cette question rhétorique.

Ce qu’il dit : L’artiste perçoit la réalité, autrement dit, ses représentations sont vraies (la vérité étant entendue ici comme la corrélation de la réalité et de la pensée).

Ce qu’il ne dit pas (on souligne les ambiguïtés du propos et on essaie de fixer un sens) : Qu’est-ce que Bergson entend par « réalité » ? Désigne-t-il par ce terme la réalité subjective, intérieure, ou la réalité qui nous entoure ? Il semble qu’ici Bergson parle bien de la réalité des choses extérieures, celle que nous voyons.

Comment il le dit (à partir du texte, vous essayez de développer le maximum de problèmes) : SOYEZ ATTENTIFS A LA FACON DONT S’ENTREMÊLENT DEFINITIONS DES TERMES IMPORTANTS ET OBSERVATIONS SUR LE STYLE !

  • Le champ lexical de la vision est récurrent : « voir » (trois fois), « regarder », « yeux ». L’artiste est donc un homme qui a une vision plus développée que la moyenne.

    • Ce n’est pas un hasard si Bergson évoque l’exemple du peintre, artiste qui a un sens visuel particulièrement développé. Mais peut-on en dire autant d’un musicien ? L’art est-il forcément une question de vision ?

    • Mais voir possède plusieurs sens : « voir » consiste à « percevoir les images des objets par le sens de la vue », mais aussi à « considérer » - « voir ce qu’il faut faire »- et même « concevoir », autrement dit, comprendre, saisir - « je vois ce que vous voulez dire ». Dans ce cas, c’est l’entendement qui voit. Selon ce dernier sens, la mission de l’artiste se confond avec celle du scientifique. Il ne saisit pas la réalité par la réflexion, discursivement, mais intuitivement (l’intuition vient du latin « intueri », voir. Elle est un mode de connaissance immédiat, c’est-à-dire qui ne passe pas par l’intermédiaire des idées abstraites). Le scientifique, au contraire, reconstruit intellectuellement la réalité, tandis que l’artiste est en contact direct avec celle-ci.

  • Mais qu’est-ce que la « réalité nue et sans voile » ?

    • La réalité désigne ce qui existe effectivement et non pas seulement à l’état d’idée ou d’imagination. Par conséquent, Bergson ne parle pas ici de la réalité intérieure de l’artiste, de sa subjectivité.

    • Bergson suppose donc que la réalité est cachée derrière un voile d’apparences que l’artiste a le pouvoir de lever. Nous retrouvons donc ici le thème classique de l’illusion, et de la critique des apparences. Ce terme « voile » fait allusion au fameux « voile d’Isis » : Sur la tombe supposée d’Isis divinité égyptienne, près de Memphis, une statue recouverte d’un voile noir était érigée. Sur le socle de la statue cette inscription était gravée : « Je suis tout ce qui fut [QUID FUIT], ce qui est [QUID EST], ce qui sera [QUID ERIT] et aucun mortel n’a encore osé soulever mon voile. » Sous ce voile, se cachent tous les mystères et le savoir du passé… Le retrait du voile d’Isis représente la révélation de la lumière et réussir à soulever le voile d’Isis, c’est devenir immortel. L’artiste est ainsi celui qui parvient à lever ce voile. Mais n’est-ce pas le rôle du scientifique ? Bergson semble supposer que la réalité scientifique, celle qui est décrite par des équations mathématiques, est encore voilée. L’artiste est celui qui est dans le vrai, puisque la vérité se dit en grec « aletheia », qui signifie littéralement « dévoilement ».

    • Mais quelle est la nature de ce voile ? Quelle est son opacité ? Nous pouvons d’ores et déjà affirmer que l’illusion ne provient pas des sens, comme c’est le cas chez Platon par exemple. En effet, l’artiste est celui « qui voit mieux que les autres ». Mais que signifie « voir mieux que les autres » ? C’est ce que nous devons déterminer en poursuivant la lecture de ce texte. L’artiste perçoit-il la réalité au point d’être « visionnaire », d’anticiper l’avenir ? Si tel est le cas, son art s’avérerait d’une grande utilité pour la société des hommes.

Illustration : Proust, dans le Temps retrouvé, affirmait que la « vraie vie, la vie enfin découverte et éclaircie, la seule vie par conséquent réellement vécue, c’est la littérature ». Le sculpteur Rodin se définissait d’ailleurs lui-même comme « chasseur de vérité et guetteur de vie ».

Pourquoi il le dit (moment le plus important de l’explication ; on exploite au maximum le moindre indice fourni par le texte, on met à jour l’implicite du texte) : Bergson n’indique pas ici pourquoi l’artiste a un tel pouvoir. Nous devons alors nous demander si celui-ci est un don inné ou au contraire une capacité qui s’acquiert au fur et à mesure d’un travail. Lorsque Bergson utilise cette tournure infinitive, donc impersonnelle : « voir avec des yeux de peintre, c’est voir mieux que le commun des mortels », il semble suggérer que tout peut mettre « les lunettes » du peintre, et que nous pouvons peut-être prendre connaissance du point de vue de l’artiste. D’autre part, le comparatif « mieux que » sous-entend que la différence entre la vision ordinaire et la vision artistique n’est qu’une différence de degré, et non une différence de nature. Mais en même temps, cette expression : « commun des mortels » suggère la dimension divine de l’artiste, et donc le caractère inaccessible de son talent aux hommes « ordinaires ». Le don artistique aurait ainsi une origine « divine ».
Phrase récapitulative qui rappelle la problématique générale du texte : Inné ou acquis, le don artistique ne nous éloigne pas de la réalité, bien au contraire, il nous en rapproche. L’artiste a le même rôle qu’un scientifique, mais là où ce dernier échoue, l’artiste réussit à dévoiler la vérité.
2/ Critique de l’argument de l’auteur :

Lien avec la sous-partie précédente : L’argument de Bergson contredit un certain nombre de conceptions de l’art.

L’auteur attaque-t-il une thèse philosophique en particulier ? Bergson s’inscrit en faux ici contre la thèse platonicienne qui ne voit dans l’activité artistique qu’un mensonge qui nous éloigne de la réalité. En effet, l’artiste ne fait qu’une copie de la réalité sensible, laquelle n’est elle-même qu’une copie très imparfaite de la réalité intelligible, la seule réalité, celle du monde des Idées. L’art est donc une copie « au second degré » de la réalité. Nous ne pouvons plus reconnaître dans une œuvre d’art de ressemblance avec le monde intelligible. Bergson semble également mettre à mal le scientisme de son époque qui pense que la vérité ne peut être atteinte qu’au moyen de la science. Enfin, Bergson vise Kant, lequel pense qu’aucun homme, du fait de la finitude de ses facultés de connaissance, ne peut atteindre la réalité.

Objection à l’argument (on peut proposer les thèses antagonistes d’autres philosophes) : L’art n’a-t-il pas pour but d’exprimer la subjectivité de son auteur, comme le suggère le romantisme ? N’est-il pas produit par l’imagination ? Quel lien peuvent entretenir avec la réalité les visions hallucinées des artistes surréalistes ? Loin d’être une perception de la réalité, l’art serait au contraire projection d’un monde intérieur. Il est pour le moins surprenant que dans sa définition de l’artiste, Bergson ne se réfère jamais aux notions de création, de sentiment, d’émotion, d’imagination. L’unique critère de distinction entre l’artiste et l’individu ordinaire résiderait dans une différence de perception. D’autre part, Bergson n’évoque pas l’habileté technique de l’artiste. L’artiste serait un observateur avant d’être un artisan.

Objection à la justification : Mais comment expliquer que certains individus parviennent à percevoir la réalité ? Bergson ici ne l’explique pas tout comme il n’explique pas ce que signifie « mieux voir la réalité ».

Défense de l’argument : Même si l’art semble ne proposer qu’une vision subjective de la réalité, il dit quelque chose sur le réel. L’art n’est pas à concevoir comme une copie de la réalité. La tentative cubiste ne cherche-t-elle pas à représenter un objet simultanément sous tous ses angles, c’est-à-dire « plus complètement », « plus réellement » que la peinture figurative classique ?

Phrase récapitulative qui rappelle la problématique générale du texte : Même lorsque l’art paraît ne nous proposer que des visions chimériques, il dévoile la réalité.
Phrase de conclusion de la première partie : L’artiste n’est pas celui qui exprime une sensibilité exacerbée, mais le seul individu qui ait accède à la réalité.

Phrase de transition : Il reste à déterminer pourquoi les individus ordinaires échouent à atteindre la réalité.
Seconde partie (lignes 2 à 5) – le point de vue de l’homme ordinaire :

Phrase d’introduction : Bergson va souligner la spécificité de la vision artistique en la comparant à son contraire, celle de l’homme ordinaire. Que perçoit donc du réel l’homme ordinaire ?

Passage expliqué :

« Lorsque nous regardons un objet, d’habitude, nous ne le voyons pas ; parce que ce que nous voyons, ce sont des conventions interposées entre l’objet et nous ; ce que nous voyons, ce sont des signes conventionnels qui nous permettent de reconnaître l’objet et de le distinguer pratiquement d’un autre, pour la commodité de la vie. »
1/ Argument de l’auteur : nous ne voyons pas les choses mêmes, mais des « signes conventionnels »

Ce que fait l’auteur : Ici, Bergson expose ce que voit habituellement l’homme. Ce passage s’oppose donc à celui qui précède. Il va également expliquer pourquoi l’homme ordinaire ne voit pas de la même manière que l’artiste.

Ce qu’il dit : nous ne voyons pas les choses telles qu’elles sont véritablement, mais une image utile et communicable des choses.

Ce qu’il ne dit pas : Ces conventions ne sont pas matérielles. Il s’agit en fait de « signes » que nous ne pouvons « voir ». Lorsque Bergson nous dit que nous ne voyons que des conventions, il veut dire par là que ces « signes conventionnels » fonctionnent comme un écran qui oblitère la réalité.

Comment il le dit :

  • Nous pouvons d’abord remarquer le fait que Bergson s’inclut dans la catégorie des hommes ordinaires, car il emploie le « nous », quand l’artiste était évoqué à la 3ème personne. Mais alors un problème se pose : qu’est-ce qui permet à Bergson d’affirmer ce qu’est la vision de l’artiste, s’il n’en est pas un lui-même ? Comment sait-il ce que voit un artiste ?

  • Puis, Bergson oppose le fait de « regarder » un objet à celui de le « voir » : « lorsque nous regardons un objet, d’habitude, nous ne le voyons pas ». Le regard semble donc ne s’attacher qu’aux aspects inessentiels des objets, alors que la vision parvient à saisir l’essentiel. Rappelons qu’un objet est ce qui se trouve face au sujet. Ici, Bergson fait un usage inhabituel du terme « regarder », lequel renvoie plutôt à un voir insistant et méticuleux. Mais si le regard ne voit pas, c’est parce que l’artiste ne perçoit pas les choses avec une meilleure résolution, comme l’œil aidé d’une loupe verrait mieux un objet. L’artiste voit une réalité différente, celle qui se trouve derrière les « conventions » auxquelles le regard ordinaire s’arrête.

  • Qu’est-ce qu’une « convention » ? C’est, au sens général, le résultat d’un accord. Cette convention est commune à un groupe, et permet la communication. Mais il est étrange que ces conventions soient « interposées entre l’objet et nous ». En effet, une convention devrait plutôt être interposée entre les hommes. Cette « interposition » évoque un obstacle. Quelles sont ces conventions ? Bergson parle de « signes conventionnels qui nous permettent de reconnaître l’objet et de le distinguer pratiquement d’un autre ». Nous pouvons bien sûr penser aux mots, qui désignent les objets. Mais pourquoi ces signes conventionnels, qui permettent une meilleure appréhension du réel, ne nous permettent pas de le voir ? Pourquoi le langage nous empêche-t-il d’accéder au réel ? Le caractère « conventionnel » du langage implique que les mots n’aient aucun rapport avec les objets qu’ils désignent. Ils ne sont que le résultat d’un accord collectif, et non le reflet de la chose. Nous pouvons ainsi commencer à comprendre pourquoi le langage pourrait nous éloigner de la réalité. La fonction du langage selon Bergson est de « reconnaître » un objet. Or, « reconnaître » signifie identifier le nouveau, l’inconnu, à du connu. C’est sans doute la raison pour laquelle le langage méconnaît la réalité : il est incapable de faire valoir la singularité d’un objet. Il est obligé de la confondre avec du bien-connu. Le langage nie donc la spécificité individuelle des choses et ne peut désigner que des genres, des classes d’objets identiques. Cette reconnaissance de l’objet par le langage a d’ailleurs pour but « de le distinguer pratiquement d’un autre ». Ainsi, la reconnaissance nie la spécificité de l’objet parce qu’elle l’identifie à un objet semblable, sans mesurer sa spécificité, et aussi parce qu’elle ne fait que le comparer à un objet. L’objet ne vaut plus pour lui-même mais en tant qu’il est différent d’un autre.

Illustration : En quoi le mot « arbre » nous empêche-t-il de voir vraiment un arbre placé devant nous ? Si le langage dénature notre rapport au réel, c’est qu’il n’a précisément qu’une fonction de d’identification de l’objet : le reconnaître, le distinguer « pratiquement » d’un autre. Pensons à la carte d’identité d’un individu : elle est aussi une convention permettant à tous de « reconnaître » l’individu, de le « distinguer pratiquement » d’un autre. Mais elle ne suffit pas à définir entièrement l’individu. De même, le mot « arbre » ne peut rendre compte de la singularité de l’arbre devant moi.

Pourquoi il le dit : Pourquoi en sommes-nous arrivés à ne plus voir le « réel » ? Pourquoi préférons-nous nous en tenir aux conventions plutôt que de rechercher la réalité ? Il y a deux raisons à cela :

  • la première l’habitude, qui fait que « lorsque nous regardons un objet », « nous ne le voyons pas ». L’habitude rend notre conscience moins vigilante.

  • L’autre raison est plus fondamentale : nous ne voyons pas la réalité même parce que cela ne nous intéresse pas. Ce qui nous intéresse, c’est d’agir efficacement : inutile de savoir ce qu’est vraiment un objet, l’essentiel est d’être capable de « reconnaître l’objet et de le distinguer pratiquement d’un autre » afin de pouvoir l’utiliser à bon escient. Aussi, l’adverbe « pratiquement » semble-t-il s’opposer à « réellement », « vraiment », et désigne l’action. Nous ne pensons qu’à la « commodité de la vie », autrement dit, à ce qui rend notre action commode, et c’est pour cela que nous n’attachons d’importance qu’aux « conventions ». Nous comprenons ainsi pourquoi le regard ne voit pas : on ne regarde un objet que parce qu’on a un intérêt à cette objet. Le regard est fondamentalement intéressé. Sous l’influence du langage, il ne perçoit d’un objet que sa différence ou son identité d’avec d’autres, mais non sa singularité.

Phrase récapitulative qui rappelle la problématique générale du texte : Notre perception du réel est déformée par l’usage du langage, qui ne retient du réel que ce qui est utile à notre action.
2/ Critique de l’argument de l’auteur :

Lien avec la sous-partie précédente : Que penser de l’argument de Bergson ?

Qui vise l’auteur ? Bergson s’oppose à la position qui fait du langage la condition de notre pensée. Selon lui, la pensée est incommensurable au langage, autrement dit, le langage n’est qu’un outil permettant d’exprimer nos pensées, et un outil grossier incapable de rendre compte des nuances de ces pensées. Il n’est pas, pour Bergson, ce qui nous permet de penser (ce que pense Hegel, par exemple).

Objections à l’argument et à sa justification : Est-ce le langage qui nous empêche de voir la réalité, ou l’habitude, la paresse intellectuelle, les préjugés ? Le langage n’est-il pas un moyen de clarifier nos pensées ? N’est-il pas important d’avoir le mot juste ?

Défense de l’argument : En réalité, Bergson ne nous invite pas à abandonner le langage, mais plutôt, à l’utiliser à contre courant. Les grands écrivains sont justement ceux qui parviennent à utiliser le langage d’une façon originale. Deleuze observait d’ailleurs : « Un style, c’est arriver à bégayer dans sa propre langue. […] Non pas être bègue dans sa parole, mais être bègue du langage lui-même. Etre comme un étranger dans sa propre langue. », ou « parler dans sa langue à soi comme un étranger ». Deleuze cite la déclaration de Proust, dans son Contre Sainte-Beuve : « Les beaux livres sont écrits dans une sorte de langue étrangère. Sous chaque mot chacun de nous met son sens ou du moins son image qui est souvent un contresens. Mais dans les beaux livres tous les contresens qu’on fait sont beaux. »

Phrase récapitulative qui rappelle la problématique générale du texte : L’idée selon laquelle les conventions nous empêchent de voir le réel repose sur le postulat selon lequel la pensée est indépendante du langage et le précède.
Phrase de conclusion : Si les conventions obstruent l’accès au réel, ce n’est pas parce qu’elles sont de taille à le recouvrir totalement, mais parce que nous ne faisons généralement pas l’effort de les contourner.

Phrase de transition : Reste désormais à savoir comment l’artiste parvient à se dégager de ces conventions.
Troisième partie (lignes 6 à 9) : La vocation de l’artiste.

Phrase d’introduction : Qu’est-ce qui fait d’un homme un artiste ?

Passage commenté : « Mais celui qui mettra le feu à toutes ces conventions, celui qui méprisera l’usage pratique et les commodités de la vie et s’efforcera de voir directement la réalité même, sans rien interposer entre elle et lui, celui-là sera un artiste. Mais ce sera aussi un philosophe, avec cette différence que la philosophie s’adresse moins aux objets extérieurs qu’à la vie intérieure de l’âme. »
1/ Argument de l’auteur – l’artiste est celui qui lutte contre les préjugés :

Ce que fait l’auteur : Bergson va désormais donner la raison pour laquelle l’artiste ne partage pas la vision commune du réel.

Ce qu’il dit : L’artiste est un homme qui décide de rejeter les conventions et qui accède directement à la réalité.

Ce qu’il ne dit pas : Il ne s’agit pas bien sûr, d’un simple anti-conformisme de surface qui consisterait à vivre de façon originale en rejetant les valeurs bourgeoises. L’anti-conformisme dont parle Bergson ici est beaucoup plus profond.

Comment il le dit :

  • Il faut remarquer que l’artiste est solitaire : la troisième personne du singulier s’oppose ici au « nous » précédent.

  • Bergson emploie des termes forts : « mettre le feu », « mépriser », qui souligne la lutte active que mène l’artiste contre « l’usage pratique et les commodités de la vie ». Nous retrouvons le thème du dévoilement exposé plus haut : l’artiste voit directement la réalité, « sans rien interposer entre elle et lui ». Il s’agit donc de refuser la vision utilitaire du réel. L’attitude artistique suppose une conversion radicale du regard et non une meilleure vision comme le laissait sous-entendre la première ligne du texte. Remarquons que cette lutte contre les préjugés ressemble à celle des philosophes.

  • Il y a une différence de nature, et non seulement de degré, entre la vision artistique et la vision du « commun des mortels ». Tout le monde peut-il convertir son regard de cette manière ? La répétition « celui qui », « celui-là », qui met en valeur la singularité de l’artiste, suggère la rareté. Mais rien n’empêche dans ce texte de penser que tout le monde pourrait, en faisant un effort, devenir un artiste. L’artiste est celui qui a le courage de ne pas s’intéresser qu’aux commodités de la vie. L’artiste est fondamentalement désintéressé

  • Nous retrouvons ici l’opposition grecque entre vie contemplative et vie active, avec la valorisation de la première au détriment de la seconde.

Illustration : Bergson donne ailleurs l’exemple de Turner ou de Corot : « Ils ont aperçu dans la nature bien des aspects que nous ne remarquions pas ». Ce qu’ils peignent n’est pas le seul fruit de leur imagination mais la fixation d’une de nos « dissolving views », visions brillantes et évanouissantes que nous avons eues, mais vite perdues (« Leçon sur la perception du changement », conférence de 1911).

Pourquoi il le dit : C’est ainsi parce qu’il a refusé de regarder les choses du point de vue de leur utilité que l’artiste voit la réalité. Le voile dont il était question à la ligne 1 est celui tissé par les nécessités de l’action.
2/ Critique de l’argument de l’auteur :

Lien avec la sous-partie précédente : L’art est-il nécessairement étranger à la réalité quotidienne ?

Objections à l’argument et à sa justification :

  • L’art ne s’inspire-t-il pas, au contraire, de ce quotidien ? Pensons au courant réaliste de la littérature ou de la peinture. L’art ne peut-il pas être engagé, au service des grandes causes de son époque ?N’est-il pas influencé par l’esprit de son époque ?

  • L’artiste peut-il vraiment s’abstraire des conventions ? En les rejetant, l’artiste en tient compte.

  • L’art n’est-il d’ailleurs pas le domaine des règles, des normes, des conventions ? Bergson semble évacuer la dimension technique de l’art, qui exige justement de se plier à la vision utilitaire des choses.

  • L’art n’est-il qu’une imitation de la nature ? Quelle place réservée à la création, à la fantaisie, à l’imagination ?

  • Quelle place pour le plaisir ? La beauté n’est-elle qu’une déclinaison du vrai ?

  • Bergson n’explique pas pourquoi certains hommes parviennent à devenir des artistes. Est-ce un don inexplicable ?

Défense de l’argument : En réalité, Bergson ne dit pas que l’artiste ne doit pas s’intéresser à des objets du quotidien, mais que sa façon de les présenter renouvelle la vision habituelle (par exemple, les chaussures peintes par Van Gogh). Le véritable artiste est celui qui parvient à une dimension transhistorique (les œuvres qui nous paraissent « datées » ne sont pas des chefs d’œuvre en général). L’artiste est au-delà des conventions. Kant dira que le génie est la capacité à dépasser les règles.

Phrase récapitulative qui rappelle la problématique générale du texte : Bergson attribue à l’artiste une qualité de « visionnaire ». Mais il passe sous silence certains aspects essentiels de la création artistiques : l’inspiration, le talent, etc.
Phrase de conclusion : Ce dernier moment du texte nous permet de comprendre que l’artiste est celui qui perçoit mieux la réalité, parce qu’il est, justement, « en dehors » de la réalité. Bergson réconcilie les deux conceptions de l’art : l’artiste est à la fois « idéaliste » (il ne s’intéresse qu’à l’idéal) et « réaliste » (il met en valeur le réel).
Conclusion du devoir :

Comment présenter la conclusion ? Inutile de consacrer trop de temps à la préparation de la conclusion. Elle sert juste à récapituler les grandes étapes du raisonnement et à faire le bilan des difficultés principales du texte. IL NE FAUT PAS FAIRE D’OUVERTURE A LA FIN.

L’artiste ne nous propose pas sa propre vision des choses, mais c’est notre vision qui est défectueuse. Nous ne voyons pas les choses, nous les regardons, autrement dit, nous ne les appréhendons qu’en tant que nous pouvons nous en servir dans notre action. La singularité propre de chaque objet nous échappe, car le langage nous a habitué à les classer par genre. L’artiste, au contraire, est désintéressé. Il est étranger à cette logique de l’action, et c’est pour cela qu’il peut accéder directement au réel.

Mais la définition bergsonienne de l’artiste n’élucide pas le mystère de l’existence des artistes. D’où vient un tel don ? D’autre part, la réduction de l’activité artistique à une vision peut paraître réductrice : Bergson ne nous dit rien sur le travail de l’artiste, et semble reconduire la définition de l’art comme imitation de la nature.


similaire:

La connaissance de l’auteur n’est pas requise. IL faut et IL suffit que l’explication rende compte, par la compréhension précise du texte, du problème dont IL est question iconNon signalé au catalogue ou verbalement le jour de la vente par l’expert
«non collationné». Pour les autres, c’est-à-dire la majorité, les planches hors texte font l’objet d’une vérification mais le texte...

La connaissance de l’auteur n’est pas requise. IL faut et IL suffit que l’explication rende compte, par la compréhension précise du texte, du problème dont IL est question iconI raison, réel et vérité : les modes de la connaissance rationnelle de la vérité
«intelligible» (c'est-à-dire saisissable par l’intellect, par l’intelligence, par la pensée rationnelle.) Un cercle carré ne fait...

La connaissance de l’auteur n’est pas requise. IL faut et IL suffit que l’explication rende compte, par la compréhension précise du texte, du problème dont IL est question iconCours commun / Oral 2012-2013 qu’EST-CE qu’un auteur ? Foucault, «Qu'est-ce qu'un auteur ?»
«Qu'est-ce qu'un auteur ?», Bulletin de la Société française de philosophie, 63e année, no 3, juillet-septembre 1969, pp. 73-104

La connaissance de l’auteur n’est pas requise. IL faut et IL suffit que l’explication rende compte, par la compréhension précise du texte, du problème dont IL est question iconLa connaissance dans le domaine des sciences exactes : la démonstration
«faut-il chercher à tout démontrer ?» C’est la raison pour laquelle je ne reprends pas ci-dessous la totalité du cours sur la démonstration,...

La connaissance de l’auteur n’est pas requise. IL faut et IL suffit que l’explication rende compte, par la compréhension précise du texte, du problème dont IL est question icon1896-1948, poète, auteur dramatique et comédien français dont les...
«Le plus urgent ne me paraît pas tant de défendre une culture dont l’existence n’a jamais sauvé un homme du souci de mieux vivre...

La connaissance de l’auteur n’est pas requise. IL faut et IL suffit que l’explication rende compte, par la compréhension précise du texte, du problème dont IL est question iconRésumé 23 1Introduction Qu'est-ce un nombre ? Une question qu'on...

La connaissance de l’auteur n’est pas requise. IL faut et IL suffit que l’explication rende compte, par la compréhension précise du texte, du problème dont IL est question iconVoici un exposé assez long, mais je l'espère assez clair, du problème des retraites
«provision mathématique» donnée à la valeur du contrat évoque le fait qu’il s’agit pour l’assureur d’une dette dont le montant et...

La connaissance de l’auteur n’est pas requise. IL faut et IL suffit que l’explication rende compte, par la compréhension précise du texte, du problème dont IL est question iconCe nom un peu bizarre a été choisi par les opticiens-lunetiers pour désigner
«rayon efficace». Ne plus tenir compte de la taille des pupilles signifie ne pas s’intéresser à l’éventuel flou, mais cela n’est...

La connaissance de l’auteur n’est pas requise. IL faut et IL suffit que l’explication rende compte, par la compréhension précise du texte, du problème dont IL est question iconLe programme : transferts d’énergie Auteur
«C’est pas sorcier – l’effet de serre : coup de chaud sur la planète» comme fil conducteur de la séance – Projection par courtes...

La connaissance de l’auteur n’est pas requise. IL faut et IL suffit que l’explication rende compte, par la compréhension précise du texte, du problème dont IL est question iconLes définitions juridiques doivent-elles décrire le réel ?
«réalité» est un problème philosophique, et appartient à la sphère nouménale, le «réel» quant à lui, relève du phénomène est peut...








Tous droits réservés. Copyright © 2016
contacts
m.21-bal.com