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Exo65 : Ouvrir le fichiers « Filles ».

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Ces jeunes filles n'en ont pas moins rempli cette grave maison de souvenirs charmants.

A de certaines heures, l'enfance étincelait dans ce cloître. La récréation sonnait. Une porte tournait sur ses gonds. Les oiseaux disaient : Bon ! voilà les enfants ! Une irruption de jeunesse inondait ce jardin coupé d'une croix comme un linceul. Des visages radieux, des fronts blancs, des yeux ingénus pleins de gaie lumière, toutes sortes d'aurores, s'éparpillaient dans ces ténèbres.

Après les psalmodies, les cloches, les sonneries, les glas, les offices, tout à coup éclatait ce bruit des petites filles, plus doux qu'un bruit d'abeilles. La ruche de la joie s'ouvrait et chacun apportait son miel. On jouait, on s'appelait, on se groupait, on courait; de jolies petites dents blanches jasaient dans les coins; les voiles, de loin, surveillaient les rires, les ombres guettaient les rayons, mais qu'importe ! on rayonnait et on riait.

Il s'est dit dans cette maison, plus que partout ailleurs peut-être, de ces mots d'enfants qui ont toujours tant de grâce et qui font rire d'un rire plein de rêverie. C'est entre ces quatre murs funèbres qu'une enfant de cinq ans s'écria un jour : - Ma mère ! une grande vient de me dire que je n'ai plus que neuf ans et dix mois à rester ici. Quel bonheur !

Exo66 : Ouvrir le fichiers « Filles ».

Mettre le texte sur 3 colonnes avec Ligne Séparatrice

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Ces jeunes filles n'en ont pas moins rempli cette grave maison de souvenirs charmants.

A de certaines heures, l'enfance étincelait dans ce cloître. La récréation sonnait. Une porte tournait sur ses gonds. Les oiseaux disaient : Bon ! voilà les enfants ! Une irruption de jeunesse inondait ce jardin coupé d'une croix comme un linceul. Des visages radieux, des fronts blancs, des yeux ingénus pleins de gaie lumière, toutes sortes d'aurores, s'éparpillaient dans ces ténèbres.

Après les psalmodies, les cloches, les sonneries, les glas, les offices, tout à coup éclatait ce bruit des petites filles, plus doux qu'un bruit d'abeilles. La ruche de la joie s'ouvrait et chacun apportait son miel. On jouait, on s'appelait, on se groupait, on courait; de jolies petites dents blanches jasaient dans les coins; les voiles, de loin, surveillaient les rires, les ombres guettaient les rayons, mais qu'importe ! on rayonnait et on riait.

Il s'est dit dans cette maison, plus que partout ailleurs peut-être, de ces mots d'enfants qui ont toujours tant de grâce et qui font rire d'un rire plein de rêverie. C'est entre ces quatre murs funèbres qu'une enfant de cinq ans s'écria un jour : - Ma mère ! une grande vient de me dire que je n'ai plus que neuf ans et dix mois à rester ici. Quel bonheur !


Exo67 : Ouvrir le fichiers « TROISCOL »

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Ces jeunes filles n'en ont pas moins rempli cette grave maison de souvenirs charmants.

A de certaines heures, l'enfance étincelait dans ce cloître. La récréation sonnait. Une porte tournait sur ses gonds. Les oiseaux disaient : Bon ! voilà les enfants ! Une irruption de jeunesse inondait ce jardin coupé d'une croix comme un linceul. Des visages radieux, des fronts blancs, des yeux ingénus pleins de gaie lumière, toutes sortes d'aurores, s'éparpillaient dans ces ténèbres.

Après les psalmodies, les cloches, les sonneries, les glas, les offices, tout à coup éclatait ce bruit des petites filles, plus doux qu'un bruit d'abeilles. La ruche de la joie s'ouvrait et chacun apportait son miel. On jouait, on s'appelait, on se groupait, on courait; de jolies petites dents blanches jasaient dans les coins; les voiles, de loin, surveillaient les rires, les ombres guettaient les rayons, mais qu'importe ! on rayonnait et on riait.

Il s'est dit dans cette maison, plus que partout ailleurs peut-être, de ces mots d'enfants qui ont toujours tant de grâce et qui font rire d'un rire plein de rêverie. C'est entre ces quatre murs funèbres qu'une enfant de cinq ans s'écria un jour : - Ma mère ! une grande vient de me dire que je n'ai plus que neuf ans et dix mois à rester ici. Quel bonheur !


Exo68 : Ouvrir le fichiers « TROISCOL »

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Ces jeunes filles n'en ont pas moins rempli cette grave maison de souvenirs charmants.



A de certaines heures, l'enfance étincelait dans ce cloître. La récréation sonnait. Une porte tournait sur ses gonds. Les oiseaux disaient : Bon ! voilà les enfants ! Une irruption de jeunesse inondait ce jardin coupé d'une croix comme un linceul. Des visages radieux, des fronts blancs, des yeux ingénus pleins de gaie lumière, toutes sortes d'aurores, s'éparpillaient dans ces ténèbres.

Après les psalmodies, les cloches, les sonneries, les glas, les offices, tout à coup éclatait ce bruit des petites filles, plus doux qu'un bruit d'abeilles. La ruche de la joie s'ouvrait et chacun apportait son miel. On jouait, on s'appelait, on se groupait, on courait; de jolies petites dents blanches jasaient dans les coins; les voiles, de loin, surveillaient les rires, les ombres guettaient les rayons, mais qu'importe ! on rayonnait et on riait.

Il s'est dit dans cette maison, plus que partout ailleurs peut-être, de ces mots d'enfants qui ont toujours tant de grâce et qui font rire d'un rire plein de rêverie. C'est entre ces quatre murs funèbres qu'une enfant de cinq ans s'écria un jour : - Ma mère ! une grande vient de me dire que je n'ai plus que neuf ans et dix mois à rester ici. Quel bonheur !


Exo69 : Saisir le texte suivant.

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GEO Un nouveau monde : la Terre
GEODOCUMENT
Retour à la montagne interdite
Pendant vingt ans, les cols de l'Himalaya qui séparent l'Inde de la Chine sont restés fermés aux pèlerins hindous désirant se rendre au mont Kailas. Ils viennent juste de s'entrouvrir. A travers névés et éboulis, un reporter de GÉO d'origine indienne a été le premier à vivre, avec un groupe de fidèle, ce retour à la montagne sacrée qui, pour les hindouistes comme pour les bouddhistes, symbolise la création du monde.

Nous franchissons la frontière sino-indienne au col de Lipu Lekh, à 5 354 mètres d'altitude au septième jour de marche. Surplombant le versant opposé de la vallée, je découvre enfin les sommets tibétains de l'Himalaya. Je suis étourdi par l'altitude, épuisé. Mais qu'importent la fatigue et le froid ! Ce matin de septembre 1981, en compagnie de soixante pèlerins sans doute plus croyants que moi, hindou fortement occidentalisé, je réalise enfin mon plus vieux rêve d'enfant : atteindre les parages sacrés du mont Kailas.

HISTORIQUE

Notre expédition est une sorte de grande première : vingt ans après le conflit avec l'Inde, les communistes chinois viennent d'autoriser un groupe d'hindouistes à se rendre au Tibet.

Les mystères entourant le mont Kailas et le lac Manasarovar, situés dans ce Tibet devenu, en 1956, région autonome chinoise, sont présents dans mon esprit depuis mon enfance. Les récits avec lesquels ma mère me berçait m'en avaient imprégné.

Pour les bouddhistes et les hindouistes, le mont Kailas et le lac qui lui est proche sont - chose méconnue des Occidentaux - les plus sacrés des lieux saints. La montagne, qui évoque par sa forme le "lingam", ou phallus, de l'univers, est la résidence du bienheureux Shiva, tandis que le lac Manasarovar, créé par Brahma, est le symbole du lac de la Mémoire.

Ma mère n'a jamais pu accomplir ce difficile pèlerinage. Elle s'est contentée de vénérer la montagne sacrée en visitant les lieux saints qui bordent le Gange, car la tradition affirme que le fleuve prend sa source sur les pentes du Kailas. Inspiré par la dévotion de ma mère, l'idée de faire un jour le voyage a hanté mon esprit longtemps après mon adolescence. Mais le vieux rêve resta inaccessible. Le conflit entre l'Inde et la Chine avait coupé la route du pèlerinage, isolant, depuis 1962, la province tibétaine du reste du monde. Après la mort de Nehru, puis celle de Mao, un lent rapprochement entre les deux pays déboucha, en 1978, sur des négociations. Et en 1980, les Chinois acceptèrent de rouvrir la frontière.

Enfin, la nouvelle tant attendue éclate dans la presse indienne en août 1981 : trois groupes de soixante pèlerins partiront pour le Tibet en septembre. En une semaine, un millier de candidats se présentent. Beaucoup sont rejetés, mais j'ai la chance de faire partie de la première expédition; un groupe d'hommes d'origines diverses, quelques étudiants, plusieurs médecins du gouvernement aussi. Rassemblés aux confins de l'Etat d'Uttar Pradesh, nous entreprenons, à pied, la longue montée qui nous mènera jusqu'à la frontière chinoise.

VOYAGE

Le froid, en cette saison, est déjà éprouvant sur les sentiers muletiers que nous escaladons. Pénétrant en pays Bhutia, nous rencontrons les premiers névés. L'ascension se poursuit pendant une longue semaine.

A l'aube du septième jour, quelques kilomètres nous séparent encore du col, noyé dans la brume. L'altitude provoque des malaises chez certains pèlerins. D'autres traînent. Je fais partie du groupe qui ferme la marche, aux cotés de Karuppanan, l'un des plus fervents croyants de l'expédition, avec qui je me suis lié d'amitié. Nous arrivons enfin au col. Je franchis la dernière côte à quatre pattes. Et là, droit devant nous, s'élève, à plus de 7 700 mètres, le Gurla Mandhata, le plus haut sommet du Tibet. Le mont Kailas, but de notre expédition, se trouve derrière ce magnifique pic de granit.

Nous effectuons la suite du voyage sur des jeeps chinoises et accompagnés d'un détachement de la milice des frontières. Le paysage est écrasé par la masse imposante u Gurla Mandhata. Brusquement, au détour d'une colline, le lac Manasarovar s'étale devant nous comme une mer intérieure. Quelques-uns de mes compagnons s'élancent pour se prosterner, toucher le sol avec leur front et plonger leurs mains dans l'eau sacrée, la porter à leurs lèvres et en asperger le visage. Le lac Manasarovar, avec 380 km2 de superficie, perché à 4 556 mètres d'altitude, est la réserve d'eau douce la plus élevée du monde. Nous établissons notre camp vingt-cinq kilomètres plus au nord, non loin du monastère à moitié détruit de Tarchen. La face sur du mont Kailas est là, toute proche, enfouie sous les nuages. Des bergers, et des nomades, quelques moines tibétains aussi, passent par ici presque chaque jour pour effectuer le pèlerinage. Une tradition millénaire prétend qu'accomplir le tour du mont Kailas lave les péchés de toute une vie. Elle dit aussi que celui qui réalise cent huit fois le parcours atteint le nirvana, la sérénité suprême de son vivant.

Je plaisant avec mon ami Karuppanan, lui racontant les histoires de bandits qui hantaient autrefois la région pour détrousser les pèlerins. Mais il ne m'écoute déjà plus. Les mains jointes, les yeux rivés sur la montagne, Karuppanan récite une prière en silence. Puis il se dirige vers le petit groupe qui s'apprête à faire le tour de la montagne, en fait, l'acte essentiel du pèlerinage mais que seuls six de mes compagnons décident d'accomplir.

REFLEXIONS

Resté au monastère, j'attends que le ciel se dégage. Au matin du troisième jour, le mont Kailas se dévoile et jaillit dans toute sa splendeur, dressé jusqu'à plus de 6 700 mètres. Je pars escalader les contreforts de la face sud, celle dont ma mère disait qu'elle est recouverte de saphirs. En chemin, une question, toujours la même, harcèle mon esprit : quelle est donc cette force qui a attiré ici des millions de bouddhistes et d'hidouistes? Je ne possède pas, pour y répondre la foi de Karuppanan. Celui-ci a bien essayé de m'éclairer sur la signification métahysique de la montagne, m'expliquant qu'elle représente le phallus de l'univers posé sur un "yoni", un sexe de femme. Cette forme, visible à l'oeil nu, est celle du "stula". C'est seulement après une très longue pénitence qu'on arrive à voir le mont Kailas sous sa forme "sukshana", c'est à dire les yeux clos, à la lumière de l'oeil intérieur grâce auquel on entre en communication avec Shiva. Mais moi, j'ai toujours cherché des explications logiques aux mythes qui nous environnent. Pourtant, pendant que je grimpe sur ces rochers, plus j'avance, plus l'importance des faits historiques ou géographiques semble s'estomper dans mon esprit.

J'arrive au pied des parois ravinées de la montagne. Les hindous croient vraiment que ces cicatrices de la pierre sont les yeux même de Shiva. Je me retourne suivant le regard du mont Kailas et je contemple l'immense étendue des géants de l'Himalaya. Un peu en contrebas, le lac Manasarovar étincelle. Comme les rayons d'une roue colossale, plusieurs cours d'eau jaillissent du massif enneigé. Tous ces fleuves irradient la vie et la pensée indiennes. Au-dessus d'eux, solitaire, la montagne forme l'axe du monde spirituel que leurs eaux véhiculent au loin, très au-dela de l'Himalaya...

Emu, je commence à comprendre pourquoi mes ancêtres croyaient que le Bouddha et Shiva avaient choisi cet endroit pour demeure. La majesté de la montagne vient à bout de mon rationalisme, bien inutile, je m'en rends compte, lorsqu'il s'agit de percer de tels mystères. Parti sceptique, je suis devenu, au bout de ce long voyage, un véritable pèlerin.


Exo70 : Ouvrir le fichier « GEO »

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GEO Un nouveau monde : la Terre
GEODOCUMENT

Retour à la montagne interdite
Pendant vingt ans, les cols de l'Himalaya qui séparent l'Inde de la Chine sont restés fermés aux pèlerins hindous désirant se rendre au mont Kailas. Ils viennent juste de s'entrouvrir. A travers névés et éboulis, un reporter de GÉO d'origine indienne a été le premier à vivre, avec un groupe de fidèle, ce retour à la montagne sacrée qui, pour les hindouistes comme pour les bouddhistes, symbolise la création du monde.


Nous franchissons la frontière sino-indienne au col de Lipu Lekh, à 5 354 mètres d'altitude au septième jour de marche. Surplombant le versant opposé de la vallée, je découvre enfin les sommets tibétains de l'Himalaya. Je suis étourdi par l'altitude, épuisé. Mais qu'importent la fatigue et le froid ! Ce matin de septembre 1981, en compagnie de soixante pèlerins sans doute plus croyants que moi, hindou fortement occidentalisé, je réalise enfin mon plus vieux rêve d'enfant : atteindre les parages sacrés du mont Kailas.
HISTORIQUE
Notre expédition est une sorte de grande première : vingt ans après le conflit avec l'Inde, les communistes chinois viennent d'autoriser un groupe d'hindouistes à se rendre au Tibet.

Les mystères entourant le mont Kailas et le lac Manasarovar, situés dans ce Tibet devenu, en 1956, région autonome chinoise, sont présents dans mon esprit depuis mon enfance. Les récits avec lesquels ma mère me berçait m'en avaient imprégné.

Pour les bouddhistes et les hindouistes, le mont Kailas et le lac qui lui est proche sont - chose méconnue des Occidentaux - les plus sacrés des lieux saints. La montagne, qui évoque par sa forme le "lingam", ou phallus, de l'univers, est la résidence du bienheureux Shiva, tandis que le lac Manasarovar, créé par Brahma, est le symbole du lac de la Mémoire.

Ma mère n'a jamais pu accomplir ce difficile pèlerinage. Elle s'est contentée de vénérer la montagne sacrée en visitant les lieux saints qui bordent le Gange, car la tradition affirme que le fleuve prend sa source sur les pentes du Kailas. Inspiré par la dévotion de ma mère, l'idée de faire un jour le voyage a hanté mon esprit longtemps après mon adolescence. Mais le vieux rêve resta inaccessible. Le conflit entre l'Inde et la Chine avait coupé la route du pèlerinage, isolant, depuis 1962, la province tibétaine du reste du monde. Après la mort de Nehru, puis celle de Mao, un lent rapprochement entre les deux pays déboucha, en 1978, sur des négociations. Et en 1980, les Chinois acceptèrent de rouvrir la frontière.

Enfin, la nouvelle tant attendue éclate dans la presse indienne en août 1981 : trois groupes de soixante pèlerins partiront pour le Tibet en septembre. En une semaine, un millier de candidats se présentent. Beaucoup sont rejetés, mais j'ai la chance de faire partie de la première expédition; un groupe d'hommes d'origines diverses, quelques étudiants, plusieurs médecins du gouvernement aussi. Rassemblés aux confins de l'Etat d'Uttar Pradesh, nous entreprenons, à pied, la longue montée qui nous mènera jusqu'à la frontière chinoise.

VOYAGE
Le froid, en cette saison, est déjà éprouvant sur les sentiers muletiers que nous escaladons. Pénétrant en pays Bhutia, nous rencontrons les premiers névés. L'ascension se poursuit pendant une longue semaine.

A l'aube du septième jour, quelques kilomètres nous séparent encore du col, noyé dans la brume. L'altitude provoque des malaises chez certains pèlerins. D'autres traînent. Je fais partie du groupe qui ferme la marche, aux cotés de Karuppanan, l'un des plus fervents croyants de l'expédition, avec qui je me suis lié d'amitié. Nous arrivons enfin au col. Je franchis la dernière côte à quatre pattes. Et là, droit devant nous, s'élève, à plus de 7 700 mètres, le Gurla Mandhata, le plus haut sommet du Tibet. Le mont Kailas, but de notre expédition, se trouve derrière ce magnifique pic de granit.

Nous effectuons la suite du voyage sur des jeeps chinoises et accompagnés d'un détachement de la milice des frontières. Le paysage est écrasé par la masse imposante u Gurla Mandhata. Brusquement, au détour d'une colline, le lac Manasarovar s'étale devant nous comme une mer intérieure. Quelques-uns de mes compagnons s'élancent pour se prosterner, toucher le sol avec leur front et plonger leurs mains dans l'eau sacrée, la porter à leurs lèvres et en asperger le visage. Le lac Manasarovar, avec 380 km2 de superficie, perché à 4 556 mètres d'altitude, est la réserve d'eau douce la plus élevée du monde. Nous établissons notre camp vingt-cinq kilomètres plus au nord, non loin du monastère à moitié détruit de Tarchen. La face sur du mont Kailas est là, toute proche, enfouie sous les nuages. Des bergers, et des nomades, quelques moines tibétains aussi, passent par ici presque chaque jour pour effectuer le pèlerinage. Une tradition millénaire prétend qu'accomplir le tour du mont Kailas lave les péchés de toute une vie. Elle dit aussi que celui qui réalise cent huit fois le parcours atteint le nirvana, la sérénité suprême de son vivant.

Je plaisant avec mon ami Karuppanan, lui racontant les histoires de bandits qui hantaient autrefois la région pour détrousser les pèlerins. Mais il ne m'écoute déjà plus. Les mains jointes, les yeux rivés sur la montagne, Karuppanan récite une prière en silence. Puis il se dirige vers le petit groupe qui s'apprête à faire le tour de la montagne, en fait, l'acte essentiel du pèlerinage mais que seuls six de mes compagnons décident d'accomplir.

REFLEXIONS
Resté au monastère, j'attends que le ciel se dégage. Au matin du troisième jour, le mont Kailas se dévoile et jaillit dans toute sa splendeur, dressé jusqu'à plus de 6 700 mètres. Je pars escalader les contreforts de la face sud, celle dont ma mère disait qu'elle est recouverte de saphirs. En chemin, une question, toujours la même, harcèle mon esprit : quelle est donc cette force qui a attiré ici des millions de bouddhistes et d'hidouistes? Je ne possède pas, pour y répondre la foi de Karuppanan. Celui-ci a bien essayé de m'éclairer sur la signification métahysique de la montagne, m'expliquant qu'elle représente le phallus de l'univers posé sur un "yoni", un sexe de femme. Cette forme, visible à l'oeil nu, est celle du "stula". C'est seulement après une très longue pénitence qu'on arrive à voir le mont Kailas sous sa forme "sukshana", c'est à dire les yeux clos, à la lumière de l'oeil intérieur grâce auquel on entre en communication avec Shiva. Mais moi, j'ai toujours cherché des explications logiques aux mythes qui nous environnent. Pourtant, pendant que je grimpe sur ces rochers, plus j'avance, plus l'importance des faits historiques ou géographiques semble s'estomper dans mon esprit.

J'arrive au pied des parois ravinées de la montagne. Les hindous croient vraiment que ces cicatrices de la pierre sont les yeux même de Shiva. Je me retourne suivant le regard du mont Kailas et je contemple l'immense étendue des géants de l'Himalaya. Un peu en contrebas, le lac Manasarovar étincelle. Comme les rayons d'une roue colossale, plusieurs cours d'eau jaillissent du massif enneigé. Tous ces fleuves irradient la vie et la pensée indiennes. Au-dessus d'eux, solitaire, la montagne forme l'axe du monde spirituel que leurs eaux véhiculent au loin, très au-dela de l'Himalaya...

Emu, je commence à comprendre pourquoi mes ancêtres croyaient que le Bouddha et Shiva avaient choisi cet endroit pour demeure. La majesté de la montagne vient à bout de mon rationalisme, bien inutile, je m'en rends compte, lorsqu'il s'agit de percer de tels mystères. Parti sceptique, je suis devenu, au bout de ce long voyage, un véritable pèlerin.



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