Capa-sh – Option d session 2006 Sylviane moussarie








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4/ LE JEU


Pour poursuivre cette étude, il conviendra de définir les mots « jouer » et «jeu » et de se poser les questions relatives à l’acte de jouer. Quelles fonctions sont attribuées au jeu ?

De même, il conviendra aussi de définir ce qu’est un apprentissage. Quelles capacités, quelles conduites sont requises pour la mise en place de processus mentaux face aux apprentissages ?
4.1 - Définition(s)
Jouer : (du latin jocare), s’adonner à un divertissement, s’amuser (Larousse)
Jouer : [du latin jocari (badiner) et jocus (jeu)], se récréer, se divertir (Quillet)
Jeu : (latin jocus), activité physique ou intellectuelle visant au plaisir, à la distraction de soi ou des autres, récréation, divertissement. (Larousse)
Jeu : Divertissement, récréation, activité intellectuelle ou gestuelle qui n’a d’autre fin que l’amusement de la personne qui s’y livre. (Hachette) ou bien encore :

Jeu : activité de loisir soumise à des règles conventionnelles comportant gagnant et perdant et où interviennent de façon variable les qualités physiques ou intellectuelles, l’adresse, l’habileté ou le hasard (Office québécois de la langue française)
Notons aussi, que le terme « ludique » a une racine latine et que le mot « ludus » se réfère au temps libre, aux loisirs.

4.2 - Approche théorique
Quelque soit l’origine des définitions, il est évident que celles-ci restent succinctes et lacunaires face à l’abondance des études et propos que le sujet a suscité. Bien qu’il existe quelques tentatives considérables effectuées dans le passé par des théoriciens tels que Platon et Schiller, ce sont bien des penseurs de ce dernier siècle qui ont donné un statut privilégié au jeu dans la réflexion humaine. Outre les grandes monographies sur le rôle du jeu dans la culture (cf. J. Huizinga, Caillois) presque chaque discipline des sciences humaines a contribué à l’éclaircissement des différents aspects du jeu. Ainsi trouve-t-on des exemples en philosophie, psychologie, en pédagogie, en psychanalyse (Alain, Château S.Freud, M. Klein, J .Piaget, Winnicott, Wallon, Ph Gutton, Ph Meirieu…) et en sociologie (Brougère…). La liste de ses précurseurs/penseurs est loin d’être exhaustive, aussi, je ne citerai dans mon analyse que les écrits semblant aller dans le sens de mon propos.
Si j’ai choisi le jeu un peu par tâtonnement dans ma pédagogie exercée jusqu’alors, la lecture de quelques théories m’a confortée dans l’utilisation du jeu en re-médiation. Cette lecture m’a permis de faire ressortir les caractéristiques du jeu.

Le jeu est universel : il traverse les siècles, parcourt le monde, se transmet au travers des cultures.

Le jeu est éthologiquement naturel et instinctuel, pulsionnel. Notons cependant que deux conditions doivent être réunies pour que le jeu apparaisse chez l’animal. La première condition est l’existence d’un temps disponible, temps où le sujet est libéré du besoin de satisfaction de l’instinct sexuel, du besoin de nourriture, du besoin de protection. Lorsque ce temps existe (souvent chez les jeunes sujets ou chez les sujets captifs) les actes de l’instinct se produisent à vide : exemple du jeu avec un os ou une balle.

La deuxième condition, découlant immédiatement de la première, est l’affaiblissement de l’instinct. L’instinct n’obéit plus à son urgente nécessité, mais programmé génétiquement, il continue à se manifester plus discrètement, avec moins d’intensité, moins de pression intérieure. L’action de jeu devient alors une simple activité exutoire qui libère le trop plein d’énergie.

A cette notion de nécessité, se succède une notion de plaisir, qui appelle la répétition qui crée l’apprentissage.

« Le jeu issu de l’instinct est aussi constituant social. Ce qui nous conduit à postuler que le jeu sert à transformer

      • de l’instinct en du social

      • du naturel en du culturel.

Il est avec l’éducation et, avant elle, le moyen d’utiliser des forces vitales en forces socialisées qui renforce le groupe et donne à l’individu son identité » (J. Barat –La rééducation dans l’école -1990. (5)


________________________________________

(5) BARAT JC. : « La rééducation à l’école » - Ed. Colin – 19904


4.3 - Le jeu : oui, mais…

Avant de poursuivre, je voudrais lever une équivoque par rapport à l’utilisation du jeu. Il n’est pas dans mon intention de baser toute ma pédagogie médiationnelle sur le jeu, de le substituer au travail.

Cependant, notons que si l’enfant ne s’entraîne pas, dans le jeu, à une tâche définie, il acquiert grâce à lui, une capacité plus étendue à surmonter les obstacles ou à faire face aux difficultés. Le jeu exerce très souvent des aptitudes semblables à celle d’une démarche scolaire, à savoir : prélever des indices, anticiper, formuler une hypothèse, la vérifier.

Cette démarche se retrouve aussi bien dans le jeu de Mikado ou celui des dominos que dans la lecture de texte ou la résolution de problème.

Les compétences attribuées au jeu sont multiples : culturelles, sociales, motrices, affectives, anticipatrices, stratégiques... celles qui doivent être privilégiées par le maître D sont celles qui vont permettre à l’élève de s’approprier des savoir-être, des savoir-faire et des connaissances. Le jeu est une modalité essentielle de la construction de l’intelligence. Il permet de passer du domaine de l’action à celui de la pensée. Mis en place, il doit permettre l’accommodation, l’assimilation et les rencontres qui créent des découvertes à travers des conflits socio-cognitifs.

Le jeu s’avère un allié précieux pour un enseignant spécialisé, c’est un outil qui aide à jeter un pont entre la notion de « jouer » et la notion d’« apprendre » : le tout étant pour l’enseignant de trouver l’articulation entre le jeu et les activités construites (travail), à faire en sorte que l’enfant deviendra un écolier qui aime apprendre.

Je rejoins, ici, la théorie de Jacques Henriot (6), chercheur en psychopédagogie. Pour lui,  jouer, c’est vraiment s’obliger, s’imposer la réalisation d’un projet conformément à des règles. ..

Il insiste aussi sur l’aspect fondamental du jeu : il n’est pas question de dire aujourd’hui que le jeu n’est une activité sérieuse…Le jeu est probablement le moins insignifiant des actes et pourtant jouer, ce n’est jamais ne rien faire, et parfois c’est même travailler plus intensément que dans des situations banalement appelées « situations de travail ».

Lors de la mise en place des jeux, les enfants se sont révélés d’eux-mêmes très loquaces sur leur future activité.

  • « C’est super bien ! On ne va pas travailler !

  • «Tu rigoles ou quoi.... Quand on joue on apprend des choses, évidemment c’est pas comme avec la maîtresse, on n’a pas à écrire, mais notre cerveau, il travaille… »

  • « Bon tu te mets avec moi, tous les deux, on sera plus fort. »

  • « Je ne sais pas jouer, je peux me mettre avec toi ? »

  • « Moi, je sais bien y jouer, je vais t’apprendre... »

Le jeu fournit, à l’occasion d’un plaisir partagé, la satisfaction de la découverte des codes de communication et amène l’enfant à en acquérir la maîtrise au cours des échanges. Par son essence, l’activité ludique est plaisante, non contraignante, gratuite et développe un sentiment de confiance, de contrôle interne.

Après le jeu, chez les vainqueurs, on ressent bien la fierté d’avoir gagner sans cependant redouter d’avoir à remettre leur titre en jeu, et chez les perdants, après un court temps de frustration, l’envie de recommencer prend le dessus, comme si un besoin irrépressible de faire mieux l’emporte.

__________________________________

(6) Henriot J. : « Le jeu » P.U.F . Rééd. 1983


Lors du jeu en remédiation, les objectifs doivent être clairement définis. Les jeux susceptibles de remédier aux « carences » de l’enfant devront être bien ciblés, en sachant qu’il existe différents types de jeux dont les objectifs sont différents. La classification qui suit s’appuie sur les travaux de Piaget (J. Piaget – La formation du symbole – Delachaux et Niestlé- 1935) (7)


  • Les jeux symboliques : ce sont des jeux de rôle et les jeux d’imitation ; ils se passent souvent en l’absence de l’adulte, mais on peut aussi «  apprendre » à être la marchande, le bricoleur, le conducteur... Ils doivent être accompagnés de verbalisation et de gestuel

  • Les jeux de construction de soi : ils permettent à l’enfant de se poser en individu face à un groupe (jeux d’expression corporelle, jeux de prise de parole, danse, théâtre, jeux de traitement de l’information. Ils permettent l’affirmation de l’identité et de la différence de l’autre.

  • Les jeux d’exercice : ce sont essentiellement des jeux fonctionnels sensori-moteurs. On les retrouve surtout en activités corporelles, scientifiques et langagières : jeux de découvertes des objets, constructions, manipulations, jeux de découverts sensorielles (toucher, vue, ouïe, odorat, goût)

  • Les jeux de motivation : ce sont les jeux de mots et de langage qui doivent permettre de développer la socialisation et la communication et de maîtriser les angoisses : jeux de devinettes, jeux de questions/réponses, jeux de dialogue, jeux de construction de récit.

Ces jeux sont souvent liés à un projet de l’adulte (jeux de classe ou d’école)

  • Les jeux éducatifs : ils permettent les conflits socio-cognitifs et favorisent l’adaptabilité : problèmes mathématiques, jeux langagiers de construction et d’assemblage de mots. Ils permettent des apprentissages ciblés et la valorisation des démarches. Ils servent à s’entraîner à réfléchir, à confronter des avis et à transférer des acquis.

  • Les jeux de règles : ce sont des jeux de coopération ; ils sont souvent mathématiques mais aussi langagiers (jeux numériques, jeux logiques, jeux spatio-temporels, jeux poétiques, etc...). Ils permettent à l’enfant de se socialiser en respectant l’autre, de communiquer et d’approfondir des connaissances.


Tous ces jeux peuvent être mis en place par le maître D puisqu’ils aident à développer l’attention, l’imagination, l’intuition, la mémorisation et la compréhension, j’ai retenu les jeux éducatifs et les jeux de règles pour ce groupe car ils répondaient véritablement aux besoins de celui-ci.
La tâche qui m’« incombe » alors est de faire prendre conscience à l’enfant des aptitudes qu’il peut acquérir par et durant le jeu, et qui sont transférables au travail de classe.
Le travail du maître D est de faciliter l’expression de l’élève en l’interrogeant sur la démarche mise en œuvre pour atteindre le résultat en donnant l’occasion de confronter sa démarche à celles proposées par d’autres élèves. L’enseignant n’apprend pas, ne juge pas, il aide à la formulation, à la formalisation. Cette oralisation se fera après le jeu pour ne pas faire dévier un des objectifs premiers : jouer pour jouer ; dans mon projet, il n’était pas question de dénaturer le jeu lors de sa mise en œuvre.

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(7) Piaget.J « La formation du symbole par l’enfant » Ed. Delachaux et Niestlé – 1935
5/ QU’EST-CE QU’APPRENDRE ?

5.1 Définitions

Apprendre vient du latin populaire « apprendere »

Apprendre vient du latin classique « apprehendere », saisir par l’esprit.
Ce qui signifie :

  • Acquérir quelque connaissance (j’apprends l’anglais)

  • Acquérir des savoir-faire (apprendre un métier)

  • Fixer une chose dans sa mémoire pour la retenir et pouvoir la répéter (rôle appris par un acteur )

  • Contracter une habitude (apprendre à se taire)

  • Etre informé (J’apprends que vous partez)

  • Enseigner (apprendre à)


Apprentissage : Processus d’acquisition par un animal ou un humain de connaissances ou de comportements nouveaux sous l’effet des interactions (Larousse 2002).
On étend aujourd’hui le mot « apprentissage » à toute activité qui consiste à apprendre. Or, «  J’apprends que vous connaissez l’anglais » n’est pas un apprentissage. Dans le domaine qui nous intéresse, seul le verbe apprendre suivi de la préposition « à » qui introduit une proposition infinitive (« J’apprends à nager ») doit nous interpeller.

A titre personnel, je définis l’apprentissage comme l’acquisition d’un savoir-faire, et non d’un comportement quelconque. Le sujet apprend une conduite qui lui est utile et qu’il peut reproduire à volonté si la situation s’y prête. Notons aussi que l’intelligence d’un savoir-faire ne tient pas seulement à savoir reproduire des conduites acquises, mais à savoir les adapter, les modifier en fonction des situations.
5.2 Présentation des théories sur les stratégies d’apprentissage pour les enfants aux besoins spécifiques :
Dans le passé, plusieurs courants de pensées ont nourri le paradigme de l’enseignement et lui ont servi par la suite de balises. Ainsi pendant longtemps on le concevait comme un idéal à poursuivre. Puis, peu à peu, influencé par le béhaviorisme, l’enseignement a graduellement intégré le développement des habiletés. Depuis, les recherches en sciences de l’éducation se sont intensifiées et de nouveaux courants de pensées ont vu le jour.


  • Le constructivisme met plutôt l’accent sur l’activité de l’apprenant qui devient le premier agent de ses apprentissages. Selon cette approche on considère que les nouveaux savoirs se développent progressivement, à la manière d’une véritable construction, à partir des connaissances antérieures comme assise, en établissant des réseaux de liens entre les diverses réalités avec lesquelles on entre en contact.




  • Le cognitivisme est le résultat des préoccupations relatives à la façon dont l’apprenant (l’élève) acquiert et utilise les connaissances et les savoir-faire. Il repose sur le traitement de l’information et vise l’apprentissage des connaissances déclaratives (quoi ?), procédurales (comment ?) et conditionnelles (quand et où ?)




  • Le socioconstructivisme, issu du constructivisme, ajoute la dimension des relations humaines, des interactions et des questionnements mutuels dans la construction et le développement des compétences. L’apprentissage coopératif est une application concrète de ce courant de pensée.


Comme on le constate, les modèles pédagogiques nés des sciences cognitives permettent de décrire, d’expliquer et d’améliorer les différents processus d’apprentissage.
Des pédagogues (au sens large) nous donnent aussi des définitions différentes par la forme, non par le fond :
« Construire des compétences transférables à de nouvelles situations ; c’est permettre à l’individu d’apprendre à apprendre » Ph. Meirieu « Apprendre, oui...mais comment » p 47 Paris ESF 1998 (8)
« Apprendre c’est comprendre, c’est-à-dire prendre avec moi des parcelles de ce monde extérieur, les intégrer à mon univers et construire ainsi des systèmes de représentation de plus en plus performants, c’est-à-dire qui m’offrent de plus en plus de possibilités d’action sur ce monde » Ph. Meirieu (ibid8).
« Apprendre, c’est s’opposer aux autres, se confronter (confronter des documents, se confronter entre pairs) A. Giordan « Apprendre », collection Débats – Belin – 1998 (9)
« Apprendre, c’est se confronter à la réalité en expérimentant, en testant, en soupesant...Apprendre, c’est s’exprimer, c’est argumenter, c’est mettre en réseau, faire des liens entre ses propres connaissances, ses apprentissages » A. Giordan (ibid9)
Comment apprend-on un savoir-faire ? « en faisant ». L’apprentissage implique l’activité de la personne et n’est possible que par elle.
Alors, me direz-vous : il faut faire ce qu’on ne sait pas faire pour apprendre à le faire ? C’est en forgeant que l’on devient forgeron, dit le proverbe.

«  C’est en jouant que l’on apprend à jouer » serais-je tentée d’ajouter.
____________________________________________________________________________

(8) Meirieu.Ph. « Apprendre, oui… mais comment ? » Ed. E.S.F. - 1998

(9) Giordan.A. « Apprendre » Ed. Belin - 1998
Pour lancer le projet, lors des 2 premières séances, je me suis inscrite comme joueuse. Ma participation fut présentée aux élèves comme une manière de faire connaissance et puis comme un moyen de mieux leur faire comprendre la règle.

« Oui, mais toi, tu sais jouer, tu vas gagner et nous, on va perdre !

« Tu as raison Alexandru. Je vous propose de faire quelques tours « pour de faux », pour que vous compreniez la règle. Puis ensuite, je suis sûre que vous serez vite prêts à me battre. Je sais que vous pouvez être très rusés et me tendre des pièges.

L’objectif de ma participation éclairci, les enfants furent rapidement prêts mentalement à jouer le jeu. Les séances qui suivirent se déroulèrent sans participation effective de ma part. J’assistais aux parties et n’intervenais en tant que médiateur que par nécessité lors d’un conflit « socio-cognitif » (éclaircissement d’un point de la règle du jeu, d’actions qui pouvaient mettre en déséquilibre la partie : départ dans un mauvais sens, passage d’un joueur...)

C’est lors de cette pratique que j’ai pris conscience de la théorie interactionniste de l’apprentissage de L.S Vygotsky (10) qui insiste surtout sur la composante sociale :

« Dans notre conception, dit-il, la vraie direction de la pensée ne va pas de l’individuel au social, mais du social à l’individuel »

Selon lui, la pensée et la conscience sont déterminées par les activités réalisées avec des congénères dans un environnement déterminé.

Il considère que chaque fonction supérieure apparaît au cours du développement de l’enfant : tout d’abord dans une activité collective soutenue par l’adulte et le groupe social ; dans un deuxième temps, lors d’une activité individuelle, et elle devient alors une propriété intériorisée de l’enfant. Le rôle de l’enseignant est important puisque « ce que l’enfant est en mesure de faire aujourd’hui à l’aide des adultes, il pourra l’accomplir seul demain » (ibid. L.S.Vygotsky ). La distance entre ce que l’enfant peut effectuer seul et ce qu’il peut faire avec l’aide d’un adulte est la « zone proximale de développement », espace sur lequel l’apprentissage doit s’effectuer.

Je pris la décision d’introduire toujours ainsi les nouveaux jeux, à savoir : présence éminente de l’adulte puis effacement progressif de celui-ci. La théorie de L.S.Vygotsky se confirma pour la plupart des élèves, seuls, deux enfants firent exception : Alexandru et Antonin.

Dans les projets individuels, ces deux élèves étaient ceux qui avaient le plus de difficultés relationnelles. La fonction socialisante du jeu ne semblait avoir aucun effet sur eux. Alexandru continuait à se montrer exubérant et trouvait un malin plaisir à bouleverser les parties en parlant à tort et à travers.

Antonin était incapable de prendre place dans le jeu, ni physiquement, ni mentalement. Il restait très individualiste et visiblement ne prenait aucun plaisir à partager du temps avec les autres.

Au cours du projet, j’ai essayé de comprendre leurs réactions en parlant avec eux, individuellement. Lors de ces discussions, chacun m’assurait qu’il souhaitait poursuivre ce projet parce qu’il était avec les autres, qu’il aimait jouer, qu’il aimait bien pour l’un les dominos et pour l’autre, le jeu du Puissance 4.

A l’issue de ce projet, Antonin resta le seul élève pour lequel l’action s’avéra quasiment nulle. Si des effets positifs de cette action ne sont pas apparus lors du projet, j’ose espérer qu’après un temps de maturation interne, cet élève saura réinvestir quelques données lors d’un nouveau projet de classe ou d’aide.

_________________________________________

(10) Vygotsky.L.S. « Pensée et langage » - Ed. sociales – 1992
6/ QUELS JEUX POUR QUELS APPRENTISSAGES ?

6.1 - Modalités de mise en place

J’ai proposé des jeux à deux et des jeux collectifs en équipes ou non : la difficulté consistant à résoudre le problème rapidement et efficacement face à l’adversaire, mais aussi à lui tendre des pièges, déjouer les siens (analyse, synthèse, réversibilité).
J’ai veillé à ce que le jeu se déroule dans une situation protégée. Celle-ci devait permettre :

- d’apprendre à combattre loyalement, à triompher sans vanité, à prendre des décisions sans crainte de

sanctions, de rancune ni culpabilité, à respecter l’autre et à reconnaître sa supériorité, apprendre à s’évaluer à

sa juste mesure sans se surestimer ni se mésestimer.


  • d’éviter que l’enfant pris par le jeu ne tombe dans l’excès et qu’il ne trouve dans celui-ci qu’un moyen de

s’étourdir au lieu de se construire.
Je n’ai retenu aucun classement par âges pour les jeux. Tous les jeux devant être accessibles à tous ; ce qui, selon moi permet des retours en arrière, les fixations et inversement l’accès aux jeux « pour les grands ». L’enfant peut ainsi tester et confirmer ses capacités sans autre jugement que celui de se faire à la règle qu’il a acceptée pour jouer.

J’ai mis en place des ateliers (ateliers de 2,3 ou 4 élèves). J’ai choisi des jeux où les règles seraient à la fois simples et complexes afin de permettre à chacun d’entrer dans la réflexion et d’être acteur.
6.2 - Le jeu : facteur de socialisation

Sans reprendre dans la totalité la théorie de Huizinga (11) qui affirme que le jeu est le fondement même de la culture et qui le considère comme étant à l’origine de toutes les institutions sociales (pouvoir politique, commerce, guerre,...), il me semble indéniable qu’il soit, par essence, un facteur de socialisation porteur de culture et, par emploi, un auxiliaire permettant de renforcer le comportement scolaire.
Il est facteur de socialisation puisqu’il oblige :
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