La question de la rse dans le management des entreprises








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Vers un management vertueux ?

La question de la RSE dans le management des entreprises
Par
David Joseph Boucaud

Docteur en Management

Economiste
Nous répondons dans ce Document à la question de la RSE dans le management des entreprises. Celle-ci constitue une problématique nouvelle qui porte sur les fondements même d’une authentique science du management, dépassant les clivages méthodologiques traditionnels en sciences de gestion (positivisme/constructivisme, modèle européen/modèle américain (étasunien)), proposant une approche épistémologique et méthodologique originale.
1°) La société et l’humain, champ naturel du management
La confusion est encore trop souvent faite entre management et gestion. La gestion est l’application d’outils de régulation à une organisation, tandis que le management1 est l’harmonisation du lien entre l’homme et l’organisation, la société.
Le management porte dans son essence, une finalité humaine et sociale, appliquée, contextualisée. En effet dans « le choc des paradigmes en sciences de gestion », Roland PEREZ, professeur émérite de sciences de gestion a Montpellier considère que la science de gestion est souvent considéré comme une science de l’ingénieur, ne tenant pas compte du fait que, traitant des organisations, elle relève des sciences humaines et sociales.
Notre proposition est par conséquent de distinguer la science de gestion, pratiquant « l’ingéniorat de gestion », s’appuyant sur le paradigme positiviste dominant, de la science du management, qui procède d’une approche transdisciplinaire en sciences humaines et sociales, et participe du paradigme constructiviste.
De ce fait, le chercheur en management est davantage un « trouveur », qu’un chercheur car son but n’est pas l’élaboration de modèles généraux, universels, mais s’agissant de la dynamique des hommes, de développer au sein d’une organisation singulière, un équilibre social permettant le développement et la pérennisation de cette organisation.
Si tel est le cas, cela signifie que le management est nécessairement complexe, global, et que les tentatives de spécifications ne peuvent être que des « angles d’attaques », d’une seule grande problématique, ne pouvant aboutir qu’à des solutions incomplètes, partielles, insuffisantes.
L’homme n’est pas une « ressource humaine » pour l’organisation, ce n’est pas un « facteur de production », c’est l’origine et la finalité de l’organisation, ceci est une évidence, que l’on avait oublié dans une logique mécaniste et mercantile, inappropriée, qui de déséquilibre en crise sociale et économique, écologique, a rappelé cet aspect oublié.
Aujourd’hui dans une logique du « sauve qui peut », nous avançons à pas de loup, vers l’homme ce paradigme oublié, comme l’a écrit Edgar Morin2, et « fleurissent » des concepts nouveaux, comme autant d’adjectifs accolés au terme management, sans même que la science du management ait fait l’objet, bien souvent, d’une spécification académique, c'est-à-dire un domaine de recherche singulier, dont l’objet serait la (ou les) dimension(s) humaine(s) et la définition du sens au sein des organisations.
Il nous faut préciser que cette reconnaissance entraînerait de facto, l’introduction de la méthodologie de recherche qualitative, et du paradigme constructiviste3, qui fait débat quant à sa scientificité, dans un univers intellectuel Comtien, où prédomine le positivisme logique, le néo positivisme du cercle de Vienne, c'est-à-dire la méthode quantitative.
C’est au nom de ce paradigme positiviste dominant, que l’homme rationnel a été inventé en science humaine et sociale, « l’homo oeconomicus », c'est-à-dire une simplification mathématisable des comportements et attitudes humaines, permettant d’identifier l’entreprise comme un lieu d’optimum économique, de maximisation du profit sous contraintes. Dans ce cadre là, nous avons tenté de resituer les procès cognitifs, et épistémiques, propres au positivisme de la science de gestion et au constructivisme appliqué au management de la manière suivante :



Déduction, Induction, Abduction


Raisonnement

Rapport entre les phénomènes

signification

Principes cognitifs

Domaine scientifique de prédilection

Déduction

A→B

A condition nécessaire pour B

Mécaniste et prédictive, expérimentale

Physique, chimie

Induction

B→A

A sera présent a caque fois que B existera. Il s’agit de partir des faits afin de découvrir les lois régissant les faits

Mécaniste et normative

Méthode juridique

Abduction

A↔B

B ne pourrait être la sans A, A ne pourrait être la sans A

Qualitative et compréhensive (au sens de prendre avec)

Evidence, appréciation qualitative permettant des conclusions pouvant être déductives, inductives, cohérentes, pertinentes.

Méthode de l’enquête


En fait nous tournons autour du pot, et falsifions l’homme, être complexe, pour soi disant le rendre intelligible. Pendant ce temps les déséquilibres économiques, sociologiques, écologiques perdurent et s’amplifient.
Cette manière de penser, issue du siècle des lumières, qui a eu le mérite de sortir l’homme de l’obscurantisme, a un effet pervers qui est d’effectuer un tri systématique, en science, sur les aspects qui pourrait permettre une approche holistique de la dimension humaine. Ainsi préférerons nous étudier Freud plutôt que Jung, éviterons nous d’évoquer les rapports entre Joseph de Maistre et Auguste Comte, les liens entre Malinowski et de Gerando, de Gerando et de Maistre4 étant tout deux en lien fondamental avec Louis Claude de Saint Martin5 que l’on appelait le philosophe inconnu. Il en sera de même pour Ken Wilber avec la psychologie transpersonnelle, issue des travaux de Jung, à l’origine de la pyramide de Maslow6, dont on parlera sans jamais évoquer sa dimension transcendantale.
En fait la tradition spéculative du siècle des lumières orientera la pensée scientifique du XXème siècle, et devant les évidences et l’inertie du bon sens, la science humaine et sociale tente de rattraper le retard acquis sur la connaissance de l’homme.
Avec prudence apparaissent de nouveaux concepts, des champs nouveaux, des théories nouvelles, que nous pouvons regrouper dans ce qu’il est convenu d’appeler le post modernisme7. C'est-à-dire une manière d’introduire les savoirs, la sagesse, du passé dans le présent, sans donner le sentiment de renier le chemin emprunté par le paradigme positiviste dominant en sciences humaines.
Quel est ce savoir ?
Il s’agit de se rappeler que l’homme est un être biologique, participant d’un écosystème. Ce rappel a donné lieu à l’émergence de concept telle la citoyenneté des entreprises, le développement durable.
Il s’agit aussi de se rappeler que l’homme est un être psychologique, c'est-à-dire sensible, émotionnel, cognitif,….ce rappel a donné lieu a l’émergence du concept d’éthique dans les entreprises.
Il s’agit enfin de rappeler que l’homme est un être physique, et comme tel a une finitude et une finalité. Ce rappel a donné lieu au concept de développement équitable, de commerce équitable.
Ces rappels ont favorisé l’émergence du paradigme constructiviste, post moderne, en management du début du XXième siècle, au début du XXIième. Le schéma suivant établi, en science de gestion et en science du management, les grands corps théoriques passant du positivisme au post modernisme, au constructivisme :


2°) Intégration de la RSE dans le management et la gestion
Partant de ces caractéristiques essentielles, réintroduction de la complexité humaine, émergence du constructivisme en sciences du management s’est développé une réflexion, sur un modèle de société favorable, au développement durable, à l’éthique et à l’équité, qui a donné lieu à une manière de management qui est l’intégration dans les organisations de la responsabilité sociale des entreprises (RSE)8.
Nous pouvons, aujourd’hui regrouper d’autres manières de management et d’autres outils de gestion qui découlent de cette évolution. Il s’agit :
- concernant le management du :

- management durable9

- management éthique10

- management équitable11
- concernant les outils de gestion :

- des fonds éthiques

- des agences de notation

- du marketing éthique

- du bilan sociétal

- de l’écobilan

- de l’éco conception

Cette liste n’est pas exhaustive, mais représente des aspects significatifs de l’orientation nouvelle des préoccupations récentes du management et de la gestion, et qui se retrouvent dans la responsabilité sociale, ou sociétale des entreprises.
Au fond ces spéculations scientifiques témoignent simplement de l’état d’une science humaine qui s’est fourvoyé par l’usage d’une méthodologie inappropriée, oubliant l’humanité de l’homme durant trois siècles, et qui remettent aujourd’hui au cœur de la réflexion les questions ontologiques d’Emmanuel Kant :
- Que puis-je connaître ?

- que puis-je faire ?

- Que puis-je espérer ?

- qu’est ce que l’homme ?
Voila des questions fondamentales, pourtant d’un homme des lumières [Kant E. ; Qu’est ce que les lumières ?], n’ayant rien d’une démarche spéculative, positiviste, mais nous reliant étrangement aux questions éternelles de l’humanité, une philosophia perennis, celle d’hier, d’aujourd’hui, et probablement de demain, autour de la finitude et la finalité de l’homme.
Finitude et finalité de l’homme qui constitue l’essence même du management, il ne s’agit pas d’optimiser une organisation à partir des moyens humains, matériels et financiers dans le cadre d’un objectif (recherche opérationnelle), il s’agit d’y dégager la monade12, cher aux Pythagoriciens, c'est-à-dire le principe de vie de cette organisation. Il s’agit de cela, il s’agit aujourd’hui du principe de vie des organisations, dans une société humaine, c'est-à-dire là ou l’homme est au cœur de l’organisation. En effet, nous situant dans la méthodologie qualitative de la recherche en management, nous avons retenu le principe de l’analyse institutionnelle de Cornélius Castoriadis, basé sur le concept essentiel de la monade, car de la découle les approches, en terme d’implication dans l’institution, d’équilibre institutionnel, etc.…, ce que nous appelons le principe de vie de l’organisation.
Le problème est que notre société ne sait plus travailler sur les essences, en sciences humaines, et comme l’écrivait René Guénon depuis tantôt, le règne du quantitatif, a relégué au rang du « pas sérieux », c'est-à-dire pas scientifique, les approches qualitatives de la connaissance, qui seule peuvent permettre de pénétrer les essences13.
Ces approches qualitatives, selon notre approche, se fondent sur l’imaginaire social de Cornélius Castoriadis et l’écoute sensible de René Barbier laissant la place à l’intuition, l’émotion, la sensibilité, l’inspiration, l’esthétique et la poésie, sources de la poïesis14, c'est-à-dire de la création, l’invention, plutôt que la production.
Laquelle poïesis est le lien entre le transpersonnel Jungien, les archétypes, et l’intentionnalité de Brentano, et la phénoménologie d’Husserl. En effet, c’est la rencontre à Vienne entre Brentano et Husserl qui mit ce dernier sur la voie de la phénoménologie, axée sur le concept de l’intentionnalité. Ce concept d’intentionnalité qui dispose que toute conscience est conscience de quelque chose, présuppose l’inconscient collectif, ou le transpersonnel jungien, contenant les archétypes a l’origine des mythes, de la création, de l’invention poétique, de la poïesis.
Concernant le management, la poïesis (invention, création) n’est pas la production ordinaire des entreprises (valeur ajoutée, volume de biens créés, flux réels, flux financiers,…), mais bien une production vertueuse, un épanouissement des êtres, résultant d’une expression d’hommes en interaction dans un cadre singulier.
La gestion ayant une visée quantitative concerne la production finale de l’entreprise, et le management ayant une visée créative, inventive, qualitative, concerne la monade, au sein de l’organisation. Quelle manager, aujourd’hui connaît la monade de son organisation ? En effet ont-ils des méthodes permettant de « fusionner » au mieux avec l’environnement ? Connaissent-ils l’identité et l’emboîtement de leur entreprise dans l’environnement sociétale et sociale où elle évolue ? Dès lors comment peuvent ils être en mesure de développer une poïesis (invention, création), c'est-à-dire une production vertueuse, favorisant l’épanouissement des êtres, ne détruisant pas son propre environnement ?

Ainsi la mise en évidence de la monade de l’organisation permet de développer la poïesis de celle-ci, ou encore le principe de vie de l’organisation permet la production vertueuse de celle ci. C’est-à-dire que si nous voulons que nos entreprises vivent, alors il est nécessaire que les hommes puissent s’y épanouir, et ceux-ci ne pourront s’y épanouir que si l’on intègre à l’organisation les éléments indispensables à leur vie, ceci est une évidence. Ces éléments intègrent naturellement les objets des managements durable, éthique, équitable, il s’agit là de la finalité même du management.
Ainsi la recherche en management doit se centrer sur la découverte de la monade et sur les conditions de la poïesis ou de la production vertueuse, au sein des organisations, car celle-ci se situe bien en amont de la production finale de l’entreprise, et la conditionne.
Concernant la méthodologie de la poïesis, que nous proposons, Jürgen Habermas15 a apporté, en ce sens, des développements importants dans le domaine des sciences sociales et humaines. Particulièrement autour de la question du langage plutôt que la conscience comme « liant » entre les hommes. Le relationnel entre les hommes est le résultat de l’agir communicationnelle, selon Habermas. Lequel agir communicationnel est la praxis, le langage de l’organisation et s’inscrit, de ce fait, dans le cadre du post modernisme. Il ne peut en être autrement.
En effet, l’agir communicationnel de Habermas, n’est pas simplement un échange d’information, mais d’interprétation de la vie, de la définition du sens des choses. Interprétation et définition de sens sont des objets du constructivisme, et concernent par conséquent le post modernisme. Selon Habermas, il est possible de définir une pragmatique universelle du langage délimitant les conditions de validation et de validité des échanges communicationnelles.
Cette pragmatique universelle du langage au sein des organisations, consiste à y établir le méta modèle de celles-ci, lequel est l’essence de l’organisation, son principe de vie, sa monade. Sur la base de ce méta modèle peut s’établir un langage commun de l’organisation basée sur une grammaire organisationnelle, à l’instar de Noam Chomsky.
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