Pour la persévérance scolaire Réflexions et autres commentaires!








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date de publication07.01.2018
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Pour la persévérance scolaire... Réflexions et autres commentaires!


De réforme en réforme…qui peut suivre?

En 50 ans notre école québécoise est passée du latin à la modernité. Certes le rapport Parent était nécessaire et a révolutionné l’école québécoise. Les erreurs ont si bien été coulées dans le béton et les conventions collectives des directeurs et des personnels que petit-à-petit l’élève est devenu le prisonnier du système. Malgré tout le taux de scolarisation a explosé. Il y a donc beaucoup de positif notamment la démocratisation, la gratuité (à certains niveaux) et l’éventail exceptionnel des formations et des lieux de formation. Disparues les écoles de village et les cours classiques privées pour les riches (elles reviennent depuis 5 ans), vive les polyvalentes et les cegeps. Malheureusement, ce faisant, nous avons confié l’école aux spécialistes. Les parents doivent remettre leurs enfants à l’école, ce lieu dépersonnalisé, éloigné dans les champs des voisins… et à peine 40% (je suis généreux) s’y présentent pour venir chercher un bulletin ou reconduire leur enfant après une suspension.

Je déconne! Pas du tout… En lisant plusieurs textes reçus ou puisés sur internet (MEQ et autres) et à la lumière de mes 35 ans de carrière dans différentes écoles comme professionnel de l’orientation et comme délégué syndical, j’ose élaborer quelques commentaires.

Au secondaire


  • Regard sur le curriculum (les cours pour l’obtention du diplôme)

À l’apparition des polyvalents, les savants spécialistes ont crée un système de voies (allégée, moyenne, forte) (professionnel court, professionnel long). Ce système a été réformé. Merci, car être identifié de poche n’aidait pas à la réussite… Toutefois, au cegep le système perdure (général / technique) et il revient en 4e et 5e secondaire avec ses trois voies en maths et en sciences.

La réforme des années quatre vingt a amené la dislocation de la polyvalente. On ne pouvait défaire le béton. On a donc reconstruit sur les anciennes structures. Après des années record de décrochage, la revalorisation de la formation professionnelle a fini par amorcée de nouveaux succès. La reprise économique après la récession du début des années quatre vingt a largement aidé. Toutefois, le marché du travail s’est retrouvé avec un nombre élevé de travailleurs sans formation pour ne pas dire illettrés. Mais pas les filles qui étaient restées à l’école pour aller chercher d’autres formations que secrétaire ou coiffeuse. Les filles avaient donc pris une avance qui continue…

D’autres dinosaures sont tenaces et n’ont pas été réformés. En voici quelques uns :

  1. Le cheminement de base pour l’obtention du diplôme maintient les voies… Un curriculum commun au secondaire (comme au primaire) devrait être l’obligation. Au niveau supérieur d’ajuster la formation selon les besoins (des élèves ratent leur diplôme parce qu’ils échouent dans une voie trop forte; d’autres ne peuvent appliquer dans certaines formations postsecondaires parce qu’ils ont des résultats trop faibles dans des options trop fortes). L’école publique crée des cheminements comme le PEI et des groupes enrichis, pour contrer la fuite des bons élèves vers les écoles privées. Résultats les groupes réguliers deviennent tellement « poches » que ni les profs ni les élèves veulent les fréquentés … À quand l’abolition des écoles privées subventionnées?

  2. Les écoles secondaires sont trop grosses et loin du milieu naturel. C’est l’horaire des autobus qui empêche beaucoup d’activités. Les élèves n’arrivent pas à s’identifier à leur école secondaire. Il n’y a pas ou peu de sentiment d’appartenance. Ajoutons à cela parfois des changements d’école (exemple : dans ma ville, les élèves passent la 1e et la 2e secondaire dans une école puis s’en vont dans une autre). Pourquoi pas deux écoles de 1e à 5e plus petites. De plus, à cause de la diminution de la clientèle, on ferme la plus petite école de campagne et on transporte tous les élèves dans la grosse école de la ville pour pouvoir continuer à offrir toutes les voies.

  3. Le secondaire est le seul niveau où les jours/horaire ne tiennent pas contre de la semaine normale (lundi au vendredi). Demain ce ne sera pas vendredi mais le début d’une autre semaine/horaire soit le jour 1.

  4. Légalité des minutes d’enseignement des professeurs impose le minutage de toutes les matières au curriculum. Aussi plusieurs écoles ont choisi le cours à 75 minutes. Tous ont pourtant fait des formations en psychologie de l’apprentissage. Dans ma formation à moi nous apprenions que l’élève ne pouvait se concentrer plus de 30 à 40 minutes sur un même sujet. Une solution aurait pu consister à amener les profs à enseigner plus d’un sujet. Au contraire on a opté pour le plus de spécialisation possible. Ce sont les élèves qui voyagent d’un prof à l’autre et qui courent d’un local à l’autre (sans être en retard et avec tout leur matériel). De recherches en recherches, on essaie de former les profs à plus d’une matière. Certaines écoles essaient de réinventer le tutorat, le groupe repère ou d’autres formes d’identifiants… On le sait, l’élève n’est pas suffisamment encadré et ne peut développer son identité, son appartenance.

  5. Toutes les matières sont annualisées. Le primaire et le secondaire, niveaux de base de la formation psychopédagogique de l’élève, sont les seuls où l’on fait des examens qui portent sur toute une année. Au cegep et à l’université, la matière est par sessions. L’expérience de l’Alberta avec ses séquences même plus courtes que les semestres, semble donner de très bons résultats.

  6. Il fut un temps où l’élève plus âgé pouvait avoir une ou des périodes libres à son horaire. Un jour le MEQ a décidé qu’il coupait le financement. Moi je trouvais que c’était une bonne chose pour développer la responsabilité des élèves. Plusieurs en profitaient pour faire des travaux, rencontrer un professionnel ou tout simplement pour relaxer. Personne dans l’école ne doit avoir de privilège… Maintenant quand tu ne peux avoir un horaire complet, tu fais une matière que tu n’aimes pas ou tu t’en vas à l’éducation des adultes même si tu n’es pas prêt.

Au collégial


Certains ont parlé d’abolir le collégial. Je suis d’accord, du moins en partie. Notre système prend une année et parfois deux de plus pour former un bachelier. Est-ce nécessaire? Pourrions-nous mieux affecter ces argents?

Donc que les collèges deviennent des collèges techniques et professionnels. Le modèle ontarien pourrait nous servir encore ici. Les écoles professionnelles (DEP) sont toutes éparpillées sur les territoires de commissions scolaires (résultats des anciens cours). Pourtant maintenant c’est de l’enseignement postsecondaire. Regroupons ces formations pour en faire des centres plus polyvalents avec des services (comme des résidences). C’est à coup de millions que les laboratoires et les ateliers sont rénovés tant dans les centres de formation professionnel (CFP) que dans les cegeps. Souvent il y a dédoublement, ou encore certaines formations manquent de clientèle tandis que d’autres en refusent par manque d’espace.

Dans ces nouveaux collèges, l’enseignement de la langue maternelle et de la langue seconde, de mathématiques et de sciences appliquées (comme cela se fait déjà) pourrait venir compléter la formation des technologues et des gens de métiers (à noter ici que peu de techniciens québécois portent le titre de technologue).

Pour les étudiants que se dirigent vers l’université, en plus de devoir maintenir une moyenne plus forte au secondaire, ils passeraient directement à l’université. Lorsque nécessaire, dans le cas des formations scientifiques par exemple, une année pré-universitaire viendrait compléter la formation manquante. Actuellement l’étudiant en formation générale au cegep a beaucoup de difficultés à comprendre à quoi lui serviront les cours qui lui sont imposés. De plus s’il veut se spécialiser dans un domaine, il devra reprendre ces cours à l’université car ils ne seront pas crédités. Ce n’est plus le cas pour l’étudiant technique qui veut poursuivre à l’université. Sa formation sera souvent créditée.

De l’encadrement


Ici, je voudrais parler des tâches des personnels qui encadrent l’école québécoise.

La commission scolaire


C’est à mon avis la tête dirigeante de l’école québécoise. Elle possède un conseil d’administration de mieux en mieux formé et représentatif. Elle connait sa mission et exécute bien ses mandats. Elle gère bien. Toutefois elle est loin de ses sujets. Elle a hérité de pouvoir et de rôles qui l’a écartée de cette même mission. Par exemple, elle doit s’occuper de percevoir des taxes, du transport scolaire, des bâtiments… Ce sont ces tâches qui accaparent trop souvent ses ressources. Ces rôles devraient relever de la société locale (MRC, Ville…).

L’école


Qu’elle soit primaire, secondaire ou autre, l’école est un équipement collectif. Elle devrait être administrée avec une grande ouverture sur son milieu. Il est vrai que plusieurs écoles secondaires (polyvalentes) ont été construites en plein champs à l’extérieur de la ville. Aujourd’hui la plupart ont été envahies par de nouveaux quartiers résidentiels. Il faudrait donc les rendre plus ouvertes à la communauté au lieu d’exiger que l’on construise des centres communautaires. L’école partagerait ainsi des équipements comme la piscine, les gymnases, l’aréna… Imaginez donc les beaux cours d’activités physiques! Nous savons que certaines écoles ont droit à de tels équipements, mais ce n’est pas le cas dans plusieurs régions car il y a peu d’échange entre la commission scolaire et la municipalité ou la ville.

La direction d’école


Avoir un projet… Vouloir améliorer son milieu et former une jeunesse… Malheureusement je n’ai jamais senti ce projet dans la tête des directeurs d’école, mes patrons. » Je suis le directeur… C’est une étape dans ma carrière et j’aurai une meilleure retraite »… Voilà ce que j’ai ressenti. L’encadrement, l’évaluation des personnels… c’est quoi? Je me suis plutôt fait harceler parce que je revendiquais des droits pour les élèves.

Dans l’ensemble, les directions d’école n’ont pas les qualités requises pour accomplir leur mission. N’oublions pas que face à la loi, ce sont eux qui répondent du développement de l’enfant. Malheureusement personne au Québec n’ose, après une bagarre, un abandon, un échec, un « burn out » … poursuivre le directeur d’école. Le principal critère d’exercice de la fonction est de posséder un permis personnel d’enseignement. Où est le rapport? De plus il est souvent issu de l’intérieur de l’école ou de l’école voisine et il ne possède pas le recul nécessaire pour exercer un ascendant par rapport à ses pairs, à ses supérieurs ou simplement par rapport à son ancien syndicat. Il a les mains liées… Je n’ai jamais rencontré un directeur choisi pour ses qualités de leader, de visionnaire ou d’humaniste capable de guider son école vers les sommets de la réussite des élèves. Certains étaient des bons gars mais quand ce n’est pas toi qui est responsable du succès de tes élèves, de la performance de tes professeurs ou de tes professionnels, tu t’en remets alors à faire rouler le système en espérant qu’il n’y ait pas de tempête…

J’ose citer ma brève expérience d’intervenant et de cadre intermédiaire dans un centre jeunesse (CSS). Que ce soit comme employé ou comme cadre, j’étais soumis à un processus d’évaluation et de formation continue. Et lorsque j’étais cadre, une évaluation négative non corrigée pouvait mettre fin à mon emploi. De même je devais réaliser le même cheminement avec mon personnel.

Pendant mes vingt huit années de service en commission scolaire, je n’ai jamais eu de véritable évaluation si ce n’est pour me refuser un avancement d’échelon sous le prétexte que mon engagement était trop récent. Souvent je n’osais pas le demander le temps supplémentaire que je devais effectuer pour remplir ma lourde tâche. Aussi j’ai même eu deux directeurs qui empêchaient la tenue de réunion de coordination des services et qui critiquaient toutes sorties de perfectionnement.


Des enseignants


La création des écoles secondaires dans les années 70 ont amené une foule d’engagement disparate de toutes formations et origines. Les professeurs étaient des missionnaires dans l’âme. Beaucoup voulaient instruire et éduquer les jeunes qui réussiraient mieux qu’eux. Ils prenaient plaisirs à être en classe. Il y avait beaucoup de liberté.

C’est la crise économique de 1982 et les coupures qui ont sonnées la fin… Il fallait maintenant que chaque enseignant ait tant de minutes de ci et tant de minutes de ça. Sa charge de travail était vraiment augmentée et il n’y avait plus de place pour la créativité, les projets ou le perfectionnement sans que ce soit l’autre professeur qui écope d’une surcharge. Un pas de plus a été fait à la fin des années 90. Depuis, des conventions collectives qui n’apportent que des grenailles, un cours universitaire qui est plus long et des changements continus au programme d’enseignement ont plombé les troupes.

Se sentir non respecté et même dévalorisé par la société, par son employeur et souvent par la clientèle, voilà un triste constat. Ils sont traités en technicien, non en professionnel. On ne demande pas aux professeurs de mettre en place les moyens, les situations d’apprentissage aptes à atteindre des objectifs. On leur donne un manuel de recettes pour respecter le nouveau programme. Certains essaient de s’opposer mais malgré ce que l’on croit, en dehors de certaines négociations, le professeur est seul dans sa classe et aime sa solitude. Il a peur de l’évaluation, peur de se perfectionner (à quoi ça sert!) parce qu’on ne valorise pas.

Les professeurs, par leurs normes de travail, se sont emprisonnés dans des règles d’égalité qui briment leur équité. Même formation, même salaire. À quoi servirait une maîtrise ou un doctorat? Après quelques années tous ont le même salaire. C’est pareil pour la matière. Tous reconnaissent qu’un professeur de français par exemple a une tâche beaucoup plus lourde qu’un professeur d’éducation physique. Partir en congé avec 100 copies à corriger, c’est normal en français mais rare et même improbable dans la majorité des autres matières. De plus je crois qu’il est plus difficile de motiver chaque jour les jeunes à la tâche en français par rapport à toutes les autres matières (les maths peuvent être parfois sur le même pied). Donc pourquoi ne pas le reconnaître. C’est dans ces matières où j’ai vu le plus de décrochage ou de détresse.

En conclusion


Je suis pour une nouvelle école publique, plus petite et plus ancrée dans son milieu (small is beautiful). J’aimerais

  • que le cheminement de base soit presque uniforme jusqu’à l’obtention du diplôme d’étude secondaire (DES),

  • que la direction, les professeurs, les personnels, les parents et la communauté soient responsable de la formation pédopsychosociologique de l’élève jusqu’à l’atteinte de l’objectif,

  • que la société consacre tous les moyens nécessaires et cela au-delà de l’objectif du premier diplôme en favorisant l’accession aux formations postsecondaires.

Jean-Guy Paquet

Orienteur scolaire

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