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Cours PPA-6015

Fiche d’analyse d’une méthode
d’enseignement



Enseignement par les pairs

Caroline-Emmanuelle Petit-Jetté


Autres appellations

Français

  • Tutorat par les pairs

Anglais

  • Peer teaching

  • Peer tutoring

  • Peer mentoring

  • Peer coaching

Description


L’enseignement par les pairs est une forme d’apprentissage coopératif très répandue dans les collèges et universités visant justement à favoriser l’apprentissage. Cette activité formative doit être encadrée. Elle consiste à demander à un étudiant, habituellement parmi les plus doués de la discipline, d’enseigner une partie limitée de la matière à un ou plusieurs étudiants éprouvant généralement des difficultés dans cette même discipline. (Chamberland, Lavoie et Marquis, 2006; Falchikov, 2001; Boud et Ruth Sampson, 2001; Mynard et Almarzouqi, 2006; Collège de Bois-de-Boulogne, 2007)

Les pairs sont des étudiants dans la même situation : ils sont à peu près du même âge, ils sont du même niveau académique (secondaire, collégial, université) et ils connaissent le contexte socioculturel et le vécu des autres étudiants. On nomme tuteur l’étudiant qui enseigne et tuteuré celui à qui l’enseignement est destiné. Il doit avoir un lien de confiance entre le tuteur et le tuteuré. L’enseignant doit définir le rôle de chaque étudiant selon sa compétence, ses connaissances des stratégies d’apprentissage et son habilité à comprendre les problèmes des étudiants. Les tuteurs reçoivent une formation sur les relations d’aide et sur les stratégies menant au succès. (Chamberland, Lavoie et Marquis, 2006; Falchikov, 2001; Boud et Ruth Sampson, 2001; Lizzio et Wilson 2004; Mynard et Almarzouqi, 2006; Collège de Bois-de-Boulogne, 2007)

Il est possible que les connaissances du tuteur soient plus avancées que celles du tuteuré. Par contre, le tuteur n’est pas un professionnel de l’enseignement ou un expert de la discipline. De plus, il n’a pas de pouvoir sur le tuteuré en raison de sa position ou de ses responsabilités. Son but est d’aider l’autre à apprendre et d’apprendre par l’enseignement. Souvent, le tuteur reçoit du crédit ou de l’argent pour ses services par l’établissement d’enseignement. Il peut y avoir plus d’un tuteur et plus d’un tuteuré. Dans ce cas, ils doivent travailler en équipe. De plus, l’apprentissage par les pairs peut être réciproque ou non. (Falchikov, 2001; Boud et Ruth Sampson, 2001; Lizzio et Wilson, 2004; Hoel et Haugalokken, 2004; Mynard et Almarzouqi, 2006; Collège de Bois-de-Boulogne, 2007)

Explication des LienS avec les théories de l’apprentissage

  • Conception de l’apprentissage

    • Dans le cadre de cette activité, l’apprentissage se réalise dans un contexte d’interactions entre les étudiants où ces derniers ont un très grand contrôle sur le déroulement de l’enseignement, ce qui relève du socioconstructivisme. On note l’influence du behaviorisme dans la mesure où le tuteur est un entraîneur qui doit : personnaliser l’enseignement, intervenir souvent dans l’apprentissage du tuteuré et structurer ses interventions afin de faire un transfert de connaissances graduel. (Chamberland, Lavoie et Marquis, 2006; Falchikov, 2001; Boud et Ruth Sampson, 2001; Mynard et Almarzouqi, 2006) Selon (Falchikov, 2001; Hoel et Haugalokken, 2004) le tutorat doit aider les étudiants à réfléchir, à développer de nouvelles stratégies d’apprentissage et à apprendre à traiter de l’information, ce qui relève du cognitivisme.

  • Rôle de l’enseignant :

    • Le tutorat par les pairs ne doit en aucun cas remplacer l’enseignant, il est plutôt un complément. L’enseignant doit clairement définir les objectifs visés par les rencontres de tutorat dès le départ et établir de façon précise le rôle de chaque étudiant. Il est souhaitable qu’il supervise de loin l’activité pour s’assurer d’atteindre les objectifs fixés. Certains étudiants n’ont pas d’habilité sociale ou de disponibilités pour rencontrer d’autres étudiants en dehors des heures de cours. Il faut que l’enseignant leur donne un coup de pouce en favorisant les interactions. (Chamberland, Lavoie et Marquis, 2006; Falchikov, 2001; Boud et Ruth Sampson, 2001; Lizzio et Wilson, 2004; Hoel et Haugalokken, 2004; Collège de Bois-de-Boulogne, 2007) Ainsi, l’enseignant a un rôle d’organisation, de planification et de support. Il est un observateur, un assistant, qui intervient idéalement sur demande uniquement et qui doit créer un environnement propice aux interactions. Tout ceci correspond à la vision socioconstructiviste de l’enseignement.

  • Rôle de l’étudiant

    • Dans le cadre de l’enseignement par les pairs, l’élève a un grand contrôle sur son apprentissage et sur l’enseignement. Il doit être actif. Il doit construire ses connaissance à partir de celles des autres, par interaction avec eux. (Chamberland, Lavoie et Marquis, 2006; Falchikov, 2001; Lizzio et Wilson, 2004; Mynard et Almarzouqi, 2006) Ce sont des caractéristiques du cognitivisme et du socioconstructivisme. Les étudiants tuteurs ne doivent pas remplacer l’enseignant, leur travail est un complément d’enseignement. On leur confie une partie précise de la matière à enseigner pour qu’ils aident leurs confrères. (Collège de Bois-de-Boulogne, 2007)

  • Globalement, la méthode d’enseignement par les pairs est influencée par trois théories de l’apprentissage : le socioconstructivisme, le cognitivisme et, à une échelle plus réduite, le behaviorisme.

CONTEXTES APPROPRIÉS

Cette méthode d’enseignement, complémentaire à un cours, se fonde sur une relation d’aide. Elle est appliquée pour aider les étudiants à atteindre le niveau requis dans une discipline donnée ou pour les aider dans la transition entre deux niveaux d’éducation. Un élève doué dans une matière l’enseigne à un autre élève éprouvant des difficultés. L’enseignant doit définir clairement ce que l’on attend de chaque étudiant dans le jumelage (leur rôle et le but de l’activité) dès le début de l’activité et ce doit être connu de tous. Les jumelages sont réalisés en tenant compte des forces, des compétences et de tout autre facteur ayant un impact sur la dynamique entre le tuteur et le tuteuré. Le tout doit être supervisé par un enseignant qui intervient uniquement sur demande et dans des cas exceptionnels (problèmes importants). Les tuteurs font un résumé après chaque rencontre, ce qui permet le suivi par l’enseignant auprès du tuteuré. Ces résumés servent à voir l’évolution du tuteuré et le niveau d’atteinte des objectifs fixés au départ (gestion du programme de tutorat par les responsables). Un bon exemple d’application : les différents centres d’aide opérés par des étudiants dans les CEGEP et les universités. (Chamberland, Lavoie et Marquis, 2006; Falchikov, 2001; Boud et Ruth Sampson, 2001; Mynard et Almarzouqi, 2006; Collège de Bois-de-Boulogne, 2007)

Possibilités d’Utilisation des technologies de l’information

Quoique (Collège de Bois-de-Boulogne, 2007) ne semble pas être en accord avec ce principe, les activités de tutorat par les pairs peuvent se dérouler à distance. Elles peuvent être simultanées ou différées.

Les activités différées (courriel, boîte vocale, blogue, forum de discussion...) possèdent l’avantage d’être simples et peu coûteuses. Elles s’adaptent bien à l’horaire des étudiants. Elles permettent aux utilisateurs de réfléchir avant de répondre, de vérifier ce qu’ils comprennent ou non. L’apprentissage est donc adapté au rythme de l’étudiant. Dans le cas des courriels, on peut leur reprocher de manquer d’interactivité. De plus, il est difficile d’évaluer le temps investi par chacun dans l’activité.

Les activités simultanées (messagerie instantanée (chat), les conférences audio ou vidéo) sont interactives. L’utilisation de la « web-cam » et du réseau Internet est préférable au vidéo- ou à la téléconférence puisqu’ils sont plus facilement accessibles et moins dispendieux. C’est la technique qui donne le plus de proximité aux étudiants en tutorat. Ses caractéristiques sont bien adaptées au tutorat. Cette technologie peut aussi tout simplement être utilisée pour entraîner les tuteurs : donner la théorie, apprendre à aider et à planifier l’activité.

L’utilisation de ces technologies permet de contourner les problèmes de sociabilité, de disponibilité et de distance entre les étudiants en plus de leur permettre de recevoir et de donner en tout temps de la rétroaction sur ce qui a été compris ou non. Ce sont donc des outils de communication et de production de matériel pédagogique. On peut cependant reprocher à l’ensemble de ces outils de rendre plus complexe la supervision de l’enseignant.

Ainsi, l’utilisation d’un environnement plus structuré et axé sur l’apprentissage, comme WebCT et DECclic, peut sembler plus adéquat et intégrer tous les outils technologiques énumérés précédemment. En effet, plusieurs relations de tutorat peuvent avoir lieu simultanément et l’enseignant peut assurer la supervision des discussions pour éviter les dérapages. (Boud et Ruth Sampson, 2001) Il a ainsi accès à l’historique des discussions et c’est plus facile d’évaluer qui travaille vraiment, l’implication de chacun dans le travail. De plus, il peut y ajouter du matériel pédagogique afin de s’assurer d’augmenter son contrôle sur ce qui sera présenté lors des relations de tutorat. Par ailleurs, ce matériel pourra être réutilisable par d’autres.

Il faut cependant s’assurer que la technologie utilisée permette vraiment d’atteindre le but fixé par l’activité et qu’elle soit accessible à tous les étudiants. Si ce n’est pas le cas, il est possible que ça affecte la collaboration et l’apprentissage des étudiants. Par ailleurs, si ces technologies permettent de contourner le problème de la distance physique, il crée une distance entre les intervenants. Les résultats du tutorat par les pairs sont meilleurs quand on alterne la communication à distance et en personne. (Falchikov, 2001; Boud et Ruth Sampson, 2001; Collège de Bois-de-Boulogne, 2007)

Au Collège de Bois-de-Boulogne comme dans plusieurs CEGEP, il existe un programme de tutorat. L’originalité de l’approche du Collège Bois-de-Boulogne est que les tuteurs sont des étudiants supervisés par des enseignants grâce au logiciel Gestionaide. En plus de permettre aux enseignants de superviser le travail des tuteurs, ce logiciel leur permet de gérer les activités de tutorat entre autre grâce à un volet de jumelage informatisé. Le suivi des professeurs (responsable du programme de tutorat ou titulaire du tuteuré) se fait grâce à des fiches de rencontre que le tuteur complète sur le site Gestionaide suite à chaque rencontre avec le tuteuré. L’aspect gestion de l’approche comprend une phase de rétroaction. En effet, les informations de jumelage et de suivi des étudiants sont compilées par le logiciel et par le calcul de statistiques, il est possible d’améliorer le programme d’une session à l’autre. Le tuteur peut aussi communiquer directement avec les enseignants responsables par le biais de la messagerie électronique. (Collège Bois-de-Boulogne, 2007)

AVANTAGES POUR LES ÉLÈVES

  • Étudiants

    • En général, le tutorat par les pairs permet à tous les étudiants de profiter avantageusement de leur temps. Les tuteurés peuvent combler leur retard d’apprentissage et les tuteurs ne se tournent pas les pouces en attendant. Tous les étudiants apprennent à apprendre dans le cadre d’une activité stimulante visant le partage des connaissances. Autant le tuteur que le tuteuré apprennent, de façon différente, à évaluer leur apprentissage et à donner ou recevoir de la rétroaction sur leur travail. De plus, il est plus facile d’apprendre en l’absence de figure d’autorité. Ce type d’activité permet de développer des aptitudes de communication, d’augmenter la sociabilité et de se construire un réseau social. Les étudiants y apprennent à travailler en équipe et à avoir une plus grande confiance en eux. (Falchikov, 2001; Boud et Ruth Sampson, 2001; Lizzio et Wilson, 2004; Mynard et Almarzouqi, 2006)

  • Tuteurs

    • Tout d’abord, l’utilisation de cette méthode permet au tuteur de travailler et d’acquérir de l’expérience en enseignement tout en se sentant utile en aidant les autres. De plus, ce dernier apprend par l’enseignement : il augmente son niveau de connaissance de la discipline enseignée en plus d’en apprendre sur les processus d’apprentissage. Cette activité lui permet d’apprendre à composer avec l’imprévu, l’ambiguïté, les différences et les difficultés, à relever de nouveaux défis et à reconnaître ses limites et celles de ses connaissances. L’enseignement par les pairs permet aussi au tuteur de développer son « leadership », son sens des responsabilités, ses aptitudes d’organisation et de planification des activités d’apprentissage et de son temps. (Chamberland, Lavoie et Marquis, 2006; Falchikov, 2001; Boud et Ruth Sampson, 2001; Lizzio et Wilson, 2004; Hoel et Haugalokken, 2004; Mynard et Almarzouqi, 2006; Collège de Bois-de-Boulogne, 2007)

  • Tuteurés

    • Pour le tuteuré, cette méthode d’enseignement peut l’aider à effectuer la transition entre deux niveaux académiques. L’enseignement par les pairs favorise la réussite des tuteurés. Cette approche leur permet d’améliorer leur compréhension et leurs connaissances de la discipline visée par l’activité principalement grâce à l’enseignement du tuteur. L’enseignement est personnalisé, il est adapté aux besoins et au rythme des tuteurés. Ce dernier reçoit régulièrement de la rétroaction sur son travail et apprend par cette rétroaction. S’il y a plus d’un tuteur, le tuteuré reçoit plus d’un point de vue sur son travail, ce qui peut l’aider à organiser ses idées. Étant donné que le tuteur n’a pas la précision et les connaissances de l’enseignant, le tuteuré développe ses aptitudes à juger de la valeur de l’information qu’il reçoit. Finalement, le tuteuré a l’occasion d’apprendre de quelqu’un qu’il connaît et qui le connaît. Le tuteur vit ou a vécu les mêmes chose que lui, il est donc moins gênant de poser des questions que l’on juge « stupides » à quelqu’un de son niveau qu’à l’enseignant. L’enseignement par les pairs facilite donc la communication et favorise les contacts apprenant-apprenant. (Chamberland, Lavoie et Marquis, 2006; Falchikov, 2001; Boud et Ruth Sampson, 2001; Lizzio et Wilson, 2004; Hoel et Haugalokken, 2004; Mynard et Almarzouqi, 2006; Collège de Bois-de-Boulogne, 2007)

DÉSAVANTAGES POUR LES ÉLÈVES

  • Étudiants

    • Il arrive que le but de cette activité et que le rôle de chaque étudiant ne soient pas bien définis au début. Ceci cause un malaise, surtout si les étudiants ne partagent pas un but commun. De plus, certains étudiants très religieux peuvent avoir de la difficulté à séparer la religion de l’enseignement. Ceci peut interférer dans la notion de limite entre le rôle du tuteur et celui du tuteuré. De plus, le tuteuré peut envier le tuteur, développer une dépendance à son endroit ou encore ne pas avoir confiance en son tuteur. (Falchikov, 2001; Lizzio et Wilson, 2004; Mynard et Almarzouqi, 2006)

  • Tuteurs

    • Le tuteur est souvent plus avancé. Même si son implication dans cette activité lui apporte beaucoup, tout est axé sur le succès du tuteuré (c’est le but). L’effort du tuteur n’est pas récompensé par la reconnaissance de la part des tuteurés, ce qui est possiblement dû au manque d’organisation du tuteuré (problème de ponctualité et d’implication). Les tuteurés sont plus ou moins actifs dans leur apprentissage, ils ne font pas leur bout de chemin. Ceci cause un sentiment d’impuissance devant la situation pour le tuteur (l’autre ne fait pas ce qu’il doit faire, ou le tuteur n’a pas les connaissances pour l’aider). Ce n’est pas toujours évident de construire une relation de confiance et de la maintenir avec le tuteuré. Ils (les tuteurés) ne savent pas où ils s’en vont et la raison de leur participation. Les tuteurés ne savent pas ce qu’ils savent et ce qu’ils ne savent pas donc ça rend le travail des tuteurs plus difficile. (Falchikov, 2001; Lizzio et Wilson, 2004; Mynard et Almarzouqi, 2006)

  • Tuteurés

    • Le tuteur n’a pas le niveau d’expertise de l’enseignant. Il ne fournit certainement pas la même qualité d’enseignement que l’enseignant et ce peut être frustrant pour le tuteuré. Les tuteurs ne sont pas toujours au niveau, ils peuvent donner de mauvaises informations et avoir de la difficulté à identifier les faiblesses des étudiants tuteurés. Souvent, les méthodes d’enseignement du tuteur ne sont pas assez diversifiées. De plus, parfois le tuteur peut tout simplement ignorer ce qu’il faut faire pour aider le tuteuré et être trop orgueilleux pour demander de l’aide à un enseignant. (Chamberland, Lavoie et Marquis, 2006; Boud et Ruth Sampson, 2001; Lizzio et Wilson, 2004; Hoel et Haugalokken, 2004; Mynard et Almarzouqi, 2006)

AVANTAGES POUR l’enseignant

Cette méthode d’enseignement a un impact très positif sur le travail de l’enseignant : les étudiants ont une meilleure maîtrise de la discipline étudiée, ils ont plus confiance en leurs moyens et ont une meilleure attitude. Le tutorat supporte l’enseignement, est peu coûteux et favorise la réussite : rien pour nuire au travail de l’enseignant. (Chamberland, Lavoie et Marquis, 2006; Falchikov, 2001; Mynard et Almarzouqi, 2006)

DÉSAVANTAGES POUR l’enseignant

Appliquer cette méthode d’enseignement demande beaucoup d’efforts de la part de l’enseignant. Il doit consacrer beaucoup de temps pour organiser et préparer cette activité qui ne s’applique pas nécessairement à tous les aspects de son cours. Il n’est pas toujours évident de motiver les étudiants et il peut être difficile de contrôler leur participation au tutorat. L’utilisation de cette méthode peut aussi entraîner des problèmes de discipline chez certains étudiants qui n’acceptent pas d’être tuteurés. Finalement, si le tuteur doit aider le tuteuré dans des travaux pratiques, par exemple en laboratoire, en l’absence de l’enseignant et que des règles de sécurité doivent être suivies, ce peut entraîner des problème légaux. (Chamberland, Lavoie et Marquis, 2006; Falchikov, 2001)

Conseils pratiques

Lorsqu’il applique cette méthode d’enseignement, l’enseignant doit bien connaître les forces et les faiblesses de ses étudiants pour être en mesure de nommer les tuteurs et ceux qui ont besoin d’assistance. Idéalement, tous les étudiants devraient avoir l’opportunité d’être tuteur et tuteuré. (c’est plus valorisant et donc aussi motivant, enfin espérons-le !) Le rôle de chacun et le but de l’activité d’apprentissage doivent être expliqués clairement à chacun et connus de tous dès le début de l’activité pour éviter les dérapages. Le tuteur doit s’en tenir à son mandat Les superviseurs devraient aider les tuteurs à identifier les faiblesses de leurs tuteurés ainsi qu’à devenir plus actifs dans leur apprentissage. Pour vérifier si le tuteuré a bien compris ce que le tuteur lui enseigne, le superviseur doit lui recommander de demander au tuteuré d’expliquer ce qu’il a compris dans ses propres mots. Dans le contexte d’un centre d’aide, lorsque l’étudiant tuteuré a atteint ses objectifs, le superviseur doit continuer de le rencontrer (1 ou 2 fois) pour lui donner confiance en lui et ensuite lui indiquer que d’autres étudiants ont plus besoin du service que lui. En cas de problème majeur (étudiant allophone, étudiant incapable de prendre des notes de cours...), le tuteur doit aviser le superviseur pour avoir de l’aide et continuer les rencontres pour ne pas briser le lien de confiance. (Chamberland, Lavoie et Marquis, 2006; Falchikov, 2001; Boud et Ruth Sampson, 2001; Lizzio et Wilson, 2004; Mynard et Almarzouqi, 2006; Collège de Bois-de-Boulogne, 2007)

De plus, à la lumière des discussions réalisées dans le cadre du séminaire en ligne, en tant que futur enseignante, je suggérerais au tuteur de donner régulièrement de la rétroaction et d’appliquer les exemples qu’il donne aux champs d’intérêt du tuteuré, à son domaine d’étude ou à sa future profession par exemple. Ceci contribuerait à garder la motivation des élèves trop souvent associés au rôle de tuteuré. De plus, afin de donner autant de chances aux étudiants de niveau moyen, je conseillerais de les impliquer dans des relations de tutorat par petits groupes. Ainsi, un élève doué enseignera à un groupe composé d’étudiants faibles et de niveau moyen.

Exemple d’utilisation dans un cours de votre discipline (avec les TIC)

Évidemment, le centre d’aide en mathématiques du Collège Bois-de-Boulogne est un bon exemple d’utilisation de cette méthode d’enseignement dans mon domaine. De plus, le logiciel Gestionaide et le service de courriel sont des exemples concrets d’utilisation des TIC. Je ne crois pas à une relation de tutorat qui s’effectue complètement à distance.

N’importe quel cours de mathématique s’applique au tutorat par les pairs. Voici un exemple :

  • Cours : Algèbre linéaire et géométrie vectorielle en sciences humaines (201-105-RE)

  • Compétence du cours visée par l’activité d’apprentissage : Utiliser les opérations matricielles pour résoudre des problèmes.

  • Temps consacré en classe : 20h (4 semaines de cours)

  • But de l’activité : S’assurer que le plus grand nombre possible d’étudiants maîtrise la compétence dès la première évaluation sommative, à la fin de la 5e semaine de cours.

  • Méthode :

    • Présentation de la théorie aux étudiants. Idéalement, le majorité de la théorie devrait être présentée aux étudiants durant les deux premières semaines via des cours magistraux, des lectures obligatoires et des exemples.

    • Les étudiants auto évaluent leurs connaissances en ligne une à deux fois par semaine sur l’ensemble de ce qui a été vu. J’aurai une banque de questions sur chaque aspect important de la matière.

    • Les étudiants reçoivent une rétroaction après chaque autoévaluation grâce à un programme que j’aurai conçu qui analyse leurs résultats et leur indique leurs forces et leurs faiblesses.

    • J’ai accès aux résultats de chaque étudiant, je les compile et à la 3e semaine de travail, je forme des équipes de tutorat basées sur les forces (tuteur) et les faiblesses (tuteuré) des étudiants en donnant à chaque équipe un objectif clair et précis en lien avec le but de l’activité.

    • Ces équipes devront se rencontrer à plusieurs reprises d’ici à l’examen afin d’assurer le succès de chacun, afin qu’ils atteignent le but fixé à l’équipe. Je leur laisse aussi du temps durant les heures de cours qui auront lieu deux semaines avant l’examen pour qu’ils travaillent ensemble.

    • L’activité de tutorat à une valeur (ça compte) pour motiver les étudiants et s’assurer de leur collaboration.

    • Les étudiants doivent remplir des fiches indiquant ce qu’ils font à chaque rencontre et les progrès accomplis (autant le tuteur que le tuteuré afin de détecter des problèmes de jumelage) sur WebCT ou sur DECclic.

    • Je leur demande aussi de repasser l’autoévaluation régulièrement afin que je sois témoin des progrès.

  • Avantages de l’approche :

    • L’enseignant connaît les forces et les faiblesses de chacun de ses étudiants et est témoin de leur progression.

    • Rétroaction régulière : de la part de l’enseignant et de la part du tuteur.

    • Motivation des étudiants à apprendre.

    • Apprendre des autres et aussi en enseignant.

Question 1

Le mandat du tuteur doit être clairement défini au début de l’activité de tutorat.

Vrai ou Faux ?

Question 2

L’enseignant n’est pas impliqué, n’a aucun rôle à jouer, dans les relations de tutorat par les pairs.

Vrai ou Faux ?

Question 3

Parmi ces affirmations sur l’enseignement par les pairs, une est fausse, laquelle ?

1. L’apprentissage est basé sur les interactions entre les étudiants.

2. L’apprentissage est basé sur la croissance personnelle de l’étudiant.

3. L’apprentissage est basé sur le traitement de l’information.

4. L’enseignement est individualisé.

Question 4

Qui ne peut pas être un tuteur dans le tutorat par les pairs ?

1. Un étudiant du même groupe;

2. Un finissant du même programme d’étude;

3. Un étudiant d’un autre niveau académique;

4. Un étudiant plus doué dans la discipline du même niveau académique.

Question à discuter

Est-ce que l’enseignement par les pairs se limite à une approche de relation d’aide ? Par exemple, si l’enseignant morcelle une partie de son cours et demande à ses étudiants de l’étudier et de la présenter au reste du groupe comme c’est actuellement le cas dans le cadre du cours PPA6015, est-ce encore de l’enseignement par les pairs ou est-ce une autre forme d’apprentissage coopératif comme le travail d’équipe ou les séminaires ? Je perçois difficilement les limites entre les différentes formes d’apprentissage coopératif. Est-ce que ce sont des ensembles disjoints ? Je crois qu’une méthode d’enseignement peut être un mélange de d’autres. Vous ?

RÉFÉRENCES (format APA)


  • Chamberland, G., Lavoie, L., & Marquis, D. (2006). 20 formules pédagogiques. Québec: Presses de l’Université du Québec.

  • Falchikov, N. (2001). Learning together: Peer tutoring in higher education. London; New York: RoutledgeFarmer.

  • Boud, D.C., & Ruth Sampson, J. (2001). Peer learning in higher education: learning from & with each other. London: Kogan Page.

  • Lizzio, A., & Wilson, K. (2004). Action learning in higher education: an investigation of its potential to develop professional capability. Studies in Higher Education, 29, 469- 488.

  • Hoel, T.L., & Haugalokken, O.K. (2004). Response groups as learning resources when working with portfolios. Journal of Education for Teaching, 30, 225- 241.

  • Mynard, J., & Almarzouqi, I. (2006). Invertigating peer tutoring. ELT Journal, 60, 13- 22.

  • Collège de Bois-de-Boulogne. « Gestionaide ». In Collège de Bois-de-Boulogne. Centre de tutorat par les pairs. Site du centre de tutorat par les pairs du Collège Bois-de-Boulogne, [En ligne]. http://tutorat.bdeb.qc.ca/index.htm (Page consultée le 8 mai 2007)



Auto-évaluation de sa participation au travail d’équipe



Cette section ne s’applique pas vraiment à moi étant donné que j’ai dû faire le travail seule. Ce ne fut pas évident de voir les autres pouvoir se partager le travail tandis que je devais effectuer la même charge de travail à moi toute seule. Il est donc évident que je me suis impliquée dans toutes les étapes de cette recherche.

Auto-évaluation de sa participation aux discussions sur le forum

À son propre forum


Puisque j’ai réalisé cette recherche seule, l’animation de mon forum reposait sur mes épaules. J’ai lancé une question visant à déterminer si l’enseignement par les pairs devait se limiter à une relation d’aide. En fait, ce qui m’intéressait vraiment était de savoir si les différentes méthodes d’enseignement étaient ou non des ensembles disjoints. J’ai eu plusieurs réponses auxquelles j’ai donné mon opinion. J’ai aussi répondu aux questions des autres sur mon travail. Je peux dire que j’ai été très active dans mon apprentissage !

Aux forums des autres


Mon approche a tout d’abord été d’aller consulter les fiches des équipes qui me posaient des questions sur ma méthode d’enseignement. J’étais en mesure de mieux leur répondre en comprenant leur vision et aussi d’intervenir sur leur forum. J’ai lu les fiches des autres en surlignant ce qui me dérangeait dans leurs propos. Par la suite, je posais des questions à l’équipe concernée pour obtenir des éclaircissements et je répondais à leur question visant la réflexion. J’ai fait le suivi des réponses que j’ai obtenues.
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