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C) LA QUESTION DE LA LAICITE
Cette partie du cours n’est pas finalisée pour le moins, elle fait par trop appel à des sources types wikipédia et repose par trop sur des auteurs comme Jean Bauberot ou Henri Pena Ruiz, tout cela pour dire, que cette partie relève pour l’instant d’une stratégie « copier-coller », ceci explique pourquoi, elle ne donne pas lieu à grand développement dans mon cours en amphithéatre, ni donc à des questions de cours.

Avant de nous attacher à revenir sur la nature des débats en matière de laïcité, pour ensuite nous interroger sur l’avenir de cette notion, il convient dans un premier temps de s’entendre sur sa définition.
Le mot « laïc », apparu au XIIIe siècle et d'usage rare jusqu'au XVIe siècle, est issu du latin laicus « commun, du peuple (Laos) » terme ecclésiastique repris au grec d'église λαϊκός, laikos, « commun, du peuple (Laos) »[2], par opposition à κληρικός, klerikos (clerc)[3], désignant les institutions proprement religieuses. Le terme laicus est utilisé dans le vocabulaire des églises chrétiennes dès l'Antiquité tardive, pour désigner toute personne qui n’est ni clerc, ni religieux, mais qui appartient cependant à l'Église (c'est-à-dire qui est baptisé, aucun incroyant n'étant considéré comme laïc), et peut même y exercer des fonctions importantes. L'abstrait désignant cette position a donné en français le terme « laïcat »[4]. Au Moyen Âge, le mot « laïque » distingue l'homme commun, qui doit être enseigné, de l'individu instruit consacré par son état religieux[5].

Le concept de laïcité, en tant que séparation du pouvoir ecclésiastique et du pouvoir séculier, est ancien, mais ne s'exprime pas d'emblée dans le champ lexical du laïcat. Au Ve  siècle, le pape Gélase Ier conçoit le premier dans une lettre à l'empereur Anastase[6] la distinction entre le pouvoir temporel (potestas) et de l’autorité spirituelle (auctoritas)[7], préfigurant la doctrine médiévale[8] des deux glaives[9]. Cette distinction tente d'établir une hiérarchie : le pouvoir politique serait moralement soumis à l'autorité[10]. Cette dichotomie entraîne des réactions qui se traduisent notamment par la lutte du sacerdoce et de l'Empire ou par les mouvements hérétiques des XIVe et XVe siècle qui contestent au clergé cette mainmise spirituelle[11].

La notion moderne de laïcité, qui n'est plus hiérarchique, apparaît quand la théorie politique puis l'État deviennent capables d'une pensée autonome sur la question religieuse[12]. Dans un premier temps, les philosophes des Lumières, comme Voltaire, se sont mis à parler de prêtres ou de missionnaires laïques pour désigner la vocation morale hors du clergé et des doctrines religieuses[réf. nécessaire]. Les termes « laïcité », « laïciser », « laïcisation », ne sont attestés qu'à partir de la chute du Second Empire, en 1870 : le terme « laïcité » est contemporain de la Commune de Paris qui vote en 1871 un décret de séparation de l'Église et de l'État[13]. Ils sont liés, sous la Troisième République, à la mise en place progressive d'un enseignement non religieux mais institué par l'État. Le substantif « la laïque », sans autre précision, désignait familièrement l'école républicaine. La laïcité sécularise alors la puissance publique et renvoit l'activité religieuse à la sphère privée.

Est désormais laïque (au sens de Laos « la population indivise ») « ce qui concerne tout le peuple, indépendamment des diverses croyances ou convictions qui le divisent[14] ». Cette définition contemporaine se rapproche de celle qu'avait retenue Ferdinand Buisson dans son Nouveau dictionnaire de pédagogie (1911)[15] :

« Les laïques, c'est le peuple, c'est la masse non mise à part, c'est tout le monde, les clercs exceptés, et l'esprit laïque, c'est l'ensemble des aspirations du peuple, du laos, c'est l'esprit démocratique et populaire. »



Selon Henri Pena-Ruiz, dans la cité grecque (et dans la cité latine pré-chrétienne postérieurement) la religion organise le lien social. Puis, la cité se faisant intégrante, des croyances multiples cohabitent. Chaque citoyen a ses dieux personnels, dans une cité qui a les siens propres (les dieux poliades) et dont la vocation est de préserver le salut commun. Progressivement, le conformisme religieux laisse la place à des lois communes, afin de favoriser la coexistence de tous. La religion de la cité aura alors une fonction civique dépourvue de dogmatisme théologique ; on admettra progressivement que la conscience reste maîtresse d’elle-même. Le droit romain développera cette distinction entre lois communes et pouvoir religieux en distinguant la res publica (la « chose publique ») de la chose privée. Ainsi sont réunis les composantes de la laïcité contemporaine : le respect de la conscience individuelle, la recherche de l’intérêt général, la primauté de la loi sur les dogmes[16].

Aujourd'hui, une organisation commune fondée sur la laïcité permet de prendre en compte la diversité des hommes et la nécessité de les unir pour assurer leur coexistence.

« Elle le fait en conjuguant la liberté de conscience, qui permet aux options spirituelles de s'affirmer sans s'imposer, l'égalité de droits de tous les hommes sans distinction d'option spirituelle, et la définition d'une loi commune à tous visant le seul intérêt général, universellement partageable[14]. »

Jean Baubérot emploie une formule semblable en définissant la laïcité contemporaine sous trois aspects : l’État est sécularisé, la liberté de croyance et de culte est garantie, et les croyances sont égales entre elles.

Source : Wikipédia

Par ailleurs, on peut également relever que la laïcité est un idéal politique visant à fonder une communauté de droit mettant en jeu trois principes :
- 1er principe : La liberté de conscience
Cela signifie, pour chaque homme, le droit de croire ou de ne pas croire, le droit de choisir en toute liberté son option spirituelle :

- soit l’option religieuse, catholique, protestante, musulmane, juive, ou toute autre religion, un ou plusieurs dieux

- soit l’humanisme athée

- soit l’option agnostique

- soit l’indifférence face aux religions

Chacun doit être libre, dans l’intimité de sa conscience, chacun doit être libre de croire en Dieu, de croire dans la seule humanité sans Dieu, ou de suspendre son jugement parce qu’il estime qu’il ne peut pas se décider en faveur d’une croyance ou d’une autre.
Cette liberté de conscience va au-delà de la tolérance. En effet ce mot vient du latin Tolerare qui voulait dire supporter. Il ne faut donc pas l’entendre ici au sens positif du terme, comme disposition éthique : être à l’écoute de l’autre, être prêt au dialogue ; mais au sens juridico-politique : l’autorité tolère ce qu’elle ne veut pas ou ne peut pas empêcher, mais ce qui est toléré reste en situation d’infériorité par rapport à ce qui est donné comme norme.

L’histoire nous apprend que ceux qui tolèrent peuvent un jour être remplacés par des non-tolérants .
L’exemple de l’Edit de Nantes accordé par Henri IV et révoqué par Louis XIV le prouve.

L'édit de Nantes, signé le 30 avril 1598 et non le 13 comme on l'a longtemps cru, par Henri IV, par lequel le roi de France reconnut la liberté de culte aux protestants, selon plusieurs limites et leur concéda deux principaux "brevets" : un nombre conséquent de places de sûreté en garantie (environ 150) et une indemnité annuelle à verser par les finances royales.

Henri IV lui-même était un ancien protestant, et avait choisi de se convertir au catholicisme afin d'accéder au trône. La promulgation de cet édit mit fin aux guerres de religion qui ont ravagé la France au XVIème siècle, et constitue une amnistie mettant fin à la guerre civile. (30 avril 1598).

L'édit de Nantes, qui clôt en France la période troublée de guerre de religions, n'est pas le premier texte de ce type en France. Suite aux troubles constatés depuis quatre décennies, le roi de France Charles IX signe l'édit de Saint-Germain (ou édit de Janvier) le 17 janvier 1562 qui a le même esprit que le futur édit de Nantes en accordant la liberté de culte aux protestants dans les faubourgs.

On peut noter également l'édit d'Amboise (19 mars 1563) qui réduit les droits aux seuls gentilshommes, ainsi que la paix de Saint-Germain (8 août 1570) qui accorde la liberté de conscience, la liberté de culte et quatre places fortes : La Rochelle, Cognac, Montauban et La Charité-sur-Loire. Ce qui fait la différence entre ces textes et l'édit de Nantes, c'est la mise en application réelle de ce dernier grâce à l'autorité d'Henri IV, qui était lui-même un ancien réformé.

Le futur « Édit de Nantes » est préparé à Angers.
Du 7 mars au 12 avril 1598, Henri IV fait d'Angers sa capitale d'un moment. Face à la Bretagne longtemps indépendante, Angers, bien située aux marches du royaume, était une place forte d'importance.
L'acrostiche accolé sur le nom d'Angers témoigne de l'importance de la cité angevine :

  • Antique clef de France,

  • Necteté de souffrance,

  • Garant contre ennemys,

  • Estappe d'assurance,

  • Recours de secourance,

  • Securité d'amys.

En 1597, la ville d'Amiens est reprise aux Espagnols. Henri IV peut tourner toutes ses forces vers le dernier bastion de la Ligue, allié des Espagnols : le duc de Mercoeur, gouverneur de la Bretagne. La situation de ce dernier n'est plus tenable : l'ensemble du royaume de France est revenu dans l'obéissance royale, grâce aux succès militaires du roi et à sa conversion au catholicisme.

Dans les premiers jours de 1598, le roi envoie ses armées vers la Bretagne et se met en chemin par la vallée de la Loire. Des milliers de soldats convergent vers l'Anjou et Angers devient une ville de garnison.

Le sieur de La Rochepot, gouverneur de la place d'Angers, organisa avec la population et les édiles locaux, l'accueil et le séjour du Roi de France.

Arrivée à Angers, Henri IV multiplie les gestes symboliques pour rallier tout à fait les catholiques d'esprit ligueur. Il se rend à la cathédrale pour entendre la messe. Il reçoit à genoux, à l'entrée de l'église, la bénédiction de l'évêque. Quelques jours après, il suit la procession des Rameaux, une palme à la main et son collier de l'ordre du Saint-Esprit sur les épaules. Henri IV lave les pieds à treize pauvres au palais épiscopal, touche les malades des écrouelles sur le parvis de la cathédrale suivant la tradition royale. Enfin il pose la première pierre du couvent des Capucins, toujours à Angers.

Pendant ce temps le duc de Mercœur envoie sa femme, la duchesse de Mercoeur, en compagnie de ses représentants auprès du roi de Navarre, pour négocier sa soumission. (La Bretagne se soulève contre leur duc et Mercoeur perd plusieurs places fortes bretonnes qui rallient le Roi de France, la dernière en date Dinan, dans la quelle la population, secourue par les Malouins, crie « Vive le Roi », « Vive la liberté publique »)). Henri IV refuse d'accueillir la dame de Mercoeur à Angers. Elle est refoulée aux Ponts-de-Cé (faubourg sud d’Angers situé sur la Loire). Néanmoins elle rencontre la Maitresse du roi, Gabrielle d'Estrée. Les deux femmes se mettent rapidement d'accord pour un mariage entre la fille unique des Mercoeur, Françoise avec César de Vendôme, fils naturel du roi et de Gabrielle d’Estrée.

Après cette entrevue, Henri IV se laisse convaincre par sa Maîtresse et accepte enfin de recevoir à Angers, la femme de Mercoeur, ainsi que les délégués envoyés par son mari.

Entre deux parties de chasse, Henri IV prépare la reddition du duc de Mercœur et la préparation de l’édit de pacification. Un accord est signé avec les émissaires de Mercœur le 20 mars : il renonce à son gouvernement de Bretagne moyennant une énorme somme d’argent (on parle de 2 millions de livres sur les 30 millions utilisés pour le rachat des Ligueurs), mais doit consentir au mariage de sa fille unique Françoise avec César de Vendôme, fils naturel du roi et de Gabrielle d’Estrée.

Le 28 mars, le duc de Mercoeur rencontre Henri IV à Briollay, chez le duc de Rohan avec lequel le roi aime chasser. Mercoeur se jette aux pieds du Roi et jure de lui être fidèle. Duplessis-Mornay, ami fidèle d'Henri IV assiste à cette situation bien manoeuvré par Mercoeur. Le roi n'est pas dupe et accepte cette soumission de bonne grâce. Il est vrai que Mercoeur possède encore des forces militaires, notamment avec la présence de 2 000 Espagnols qui campent au Pellerin le long de la Loire et de 5 000 autres au Blavet sous le commandement de son allié Don Juan d’Aguila.

Mercoeur s'en retourne à Nantes. Le 23 mars un impôt est levé pour couvrir les frais de réception pour l'accueil du roi de France. Entre temps, Mercoeur démobilise ses propres troupes.

Le contrat de mariage est signé au château d'Angers le 5 avril 1598.

Le roi peut alors quitter définitivement Angers pour Nantes le 12 avril, laissant son grand conseil au couvent des Jacobins d'Angers mettre la dernière main à la rédaction de l’édit qui sera signé à Nantes, vraisemblablement le 30 avril 1598. Henri IV reçoit les ambassadeurs d'Angleterre et des Provinces-Unies qui tentent de le persuader de continuer la guerre contre l'Espagne, mais le Roi de Navarre tient à mettre un terme à tant d'années de souffrances, de malheurs et de calamités dans son royaume, comme le rapporte Sully.
Le 2 mai 1598, la Paix de Vervins est signée entre la France et l'Espagne. Le royaume récupère toutes ses possessions au Nord du pays et les troupes espagnoles quittent Le Pellerin et le Blavet.

À l’époque, l’édit n’est pas appelé « édit de Nantes », ni même « édit d’Angers » mais « édit de pacification ».

L'édit de pacification


L'édit de Nantes fut signé en plusieurs textes les 3 et 30 avril 1598.

Contrairement à une idée reçue, l'édit de Nantes "ne fut pas un acte gracieux, dû à la volonté du roi, dans la plénitude de sa souveraineté, mais un traité dont les articles furent débattus comme avec des belligérants" (Jacques Bainville, Histoire de France, Marabout, 1986). Garantissant la liberté de conscience partout dans le royaume, il accorde la liberté de culte dans les lieux où le protestantisme était installé avant 1597 ainsi que dans 3500 châteaux de seigneurs justicieux et dans deux localités par bailliage.

Dans certaines villes (Bordeaux, Grenoble, Castres), les protestants sont jugés par des tribunaux constitués pour moitié de protestants. Dans certaines villes, le culte protestant est interdit ( Paris, Rouen, Dijon, Toulouse ou encore Lyon..) mais dans d'autres c'est l'inverse (Saumur, Sedan, La Rochelle, Montauban ou Montpellier). Pierre Miquel raconte que les catholiques "qui voulaient garder la foi de leur pères ne pouvaient se rendre à l'église : elle était détruite, ou la porte en était barrée par des piquets, sur ordre d'un chef protestant".

Les Réformés ne seront pas privés de leurs droits civils, auront accès aux charges et aux dignités et pourront ouvrir des académies. Une dotation de 45 000 écus est prévue pour les pasteurs.

150 lieux de refuges sont donnés aux protestants, dont 51 places de sûreté. Ces places pourront être défendues par une armée potentielle de 30 000 soldats.

Il ne faut pas croire non plus que ce traité fut accueilli avec soulagement ; des villes comme Paris, Rennes, Rouen ou autres (villes catholiques) ne le ratifieront qu'au bout de 10 ans sous la menace d'Henri IV alors que des personnes comme Théodore Agrippa d'Aubigné le qualifièrent d'abominable édit.

Une autre idée reçue est l'idée prédominante de tolérance, car, contrairement à ce qui a été longtemps divulgué, elle n'apparaît pas dans l'édit, et d'ailleurs ce mot n'y figure pas. En fait, à cette époque ce mot est négatif. Il est synonyme d'endurer ou encore de supporter. "Si ce que nous nommons tolérance signifie accepter la pensée de l'autre comme aussi vraie que sa propre opinion, voilà qui est parfaitement impossible au XVIe siècle. Dans le domaine religieux, chacun est sûr de détenir la vérité. Connaissant cette dernière, sachant que l'autre est dans l'erreur et joue son destin éternel, il serait criminel de l'abandonner et de renoncer à ce que nous appellerons un droit d'ingérence pour le sauver, y compris par la force" (Gabriel Audision, Le Figaro, 30 avril 1998).

Les Catholiques voient cet édit comme un moyen de contenir les protestants en attendant leur disparition, une sorte de pis-aller en somme. De leur côté les protestants ne considèrent cet édit que comme une pause dans la conversion des catholiques : "Dirons-nous qu'il faut permettre la liberté de conscience ? Pas le moins du monde, s'il s'agit de la liberté d'adorer Dieu chacun à sa guise. C'est un dogme diabolique" déclara en 1570 Théodore de Bèze, le successeur de Jean Calvin. En 1586, Catherine de Médicis s'adresse au vicomte de Turenne : "roi ne veut en ses États qu'une religion". Ce à quoi le vicomte répond "Nous aussi. Mais que ce soit la nôtre".

En pratique, l'édit de Nantes marque un tournant dans l'histoire des mentalités : sa signature marque la distinction entre le sujet politique, qui doit obéir, quelle que soit sa confession, à la loi du roi, et le croyant, libre de ses choix religieux dorénavant cantonnés à la sphère privée. L'homme se coupe en deux : une moitié publique, et une moitié privée ; les actions et les actes sont soumis sans exception à la loi du monarque.

Pierre Joxe a mis en valeur un des paradoxes de l'édit de Nantes. Il montre que ce texte, communément présenté comme fondant la tolérance, n'a pas toujours autant bénéficié aux protestants qu'on le croit. En revanche, il fonde, autour d'une religion d'État dont le souverain est le pivot, l'absolutisme. Son aboutissement est une véritable religion royale, qui culminera avec Louis XIV le roi de "droit divin" à Versailles, en « religion solaire ». L'édit conduit finalement la France à sacraliser un roi à un degré sans équivalent en Europe.

On voit d'ailleurs que les États généraux ne se sont réunis qu'une seule fois entre 1598 et la Révolution : les États généraux de 1614, qui furent convoqués par Louis XIII.
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