Lettre ouverte. Version intégrale avec signataires initiaux et réFÉrences








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La lumière sur les effets du rayonnement micro-ondes sur la santé

Lettre ouverte de scientifiques québécois à leurs concitoyens






LETTRE OUVERTE. VERSION INTÉGRALE AVEC SIGNATAIRES INITIAUX ET RÉFÉRENCES.

Cosignée officiellement par plus de 60 chercheurs universitaires.

Montréal, le 18 mai 2012
Technologies radiofréquences : pour un débat responsable et éduqué guidé par la démarche scientifique.
(An English translation of this letter is included below. A shortened French version of this article was published in Le Devoir).
Une version raccourcie de cet article a été publié dans Le Devoir.
Lettre ouverte
Nous formons un groupe de scientifiques et d’ingénieurs préoccupés par la perception des dangers pour la santé des ondes électromagnétiques dont les fréquences sont comprises entre 3 kHz et 300 GHz (ci-après nommées « radiofréquences ») au Québec et ailleurs dans le monde. Nous déplorons que les véritables enjeux pour la société concernant l’utilisation des systèmes de communication radiofréquences soient occultés par l’unique question des soi-disant effets de ces ondes sur la santé.
Nous croyons que les craintes suscitées par les radiofréquences sont basées principalement sur i) une méconnaissance de la nature de ces ondes et de leurs interactions avec le corps humain, ii) une mauvaise lecture de la littérature scientifique sur le sujet, et iii) une méfiance envers les organismes locaux, nationaux et internationaux de santé publique. Il serait dommage que des décisions politiques ou économiques importantes pour notre nation soient prises dans un climat de peur plutôt que suite à un raisonnement scientifique posé. C’est pourquoi nous espérons que cette lettre ouverte contribuera à ramener la perception du danger posé par ces ondes au niveau de leurs dangers réels afin de permettre au débat de progresser de manière responsable, éclairé par la démarche scientifique.
Depuis le début de l’année 2012, le sujet des effets des radiofréquences sur la santé est omniprésent dans les médias québécois1. Les préoccupations latentes de nos concitoyens ont été exacerbées par l’annonce d’Hydro-Québec de l’installation imminente de 3,8 millions de compteurs dits « intelligents » dans les foyers québécois. Ces compteurs émettent à des fréquences très proches de celles utilisées par les téléphones cellulaires et les routeurs sans fil (WiFi)2. Quant aux intensités d’émission, Hydro-Québec certifie qu’elles sont environ 100 000 fois inférieures aux normes canadiennes3. Et pourtant, plusieurs regroupements citoyens continuent de clamer haut et fort les dangers de ces compteurs pour la santé. Une pétition souhaitant un moratoire sur l’installation des compteurs intelligents, déposée à l’Assemblée nationale du Québec, a recueilli environ 10 000 signatures en janvier 20124. Ceux qui proposent ce moratoire souhaitent ainsi emboîter le pas au comté de Santa Cruz5, en Californie, qui le 25 janvier 2012 a décrété un tel moratoire pour une durée d’un an sur l’installation de compteurs intelligents dans les foyers.
Les principaux arguments contre l’installation des compteurs intelligents, tels que relevés dans les médias et ayant trait à leurs soi-disant effets sur la santé, sont les suivants. Nous les rapportons de bonne foi, mais nous sommes en désaccord avec ceux-ci.


  1. Certaines études montrent que l’usage du téléphone cellulaire augmente les risques de cancer du cerveau chez l’utilisateur. De plus, le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) classe les ondes électromagnétiques dans la catégorie 2B, soit possiblement cancérogènes pour l’homme. Ainsi, il vaudrait mieux employer le principe de précaution et réduire nos expositions à ces ondes.

  2. Certaines personnes rapportent des problèmes de santé (stress, maux de tête, insomnies, palpitations cardiaques) qu’ils attribuent à la présence de radiofréquences dans leur entourage. On appelle communément cette condition l’hypersensibilité électromagnétique (HSEM). On avance qu’elle pourrait devenir beaucoup plus fréquente avec l’installation des compteurs intelligents.

  3. Les normes de sécurité actuelles ne prennent pas en compte les effets biologiques non thermiques, c'est-à-dire les effets autres que le simple échauffement des tissus suite à une exposition aux ondes. Ils ne tiennent pas compte, non plus, des effets d’accumulation dans le corps pour une exposition à long terme aux radiofréquences.

  4. Contrairement à un téléphone cellulaire ou à un routeur sans fil, les citoyens n’ont aucun contrôle sur les compteurs intelligents qui émettraient des ondes jusqu’à 1500 fois par jour pendant 0,06 s à chaque fois (soit environ 90 s d’émission totale par jour). De plus, Hydro-Québec ne mesure que les intensités moyennes du rayonnement et ne se préoccupe pas des intensités de pointe (peak) qui sont beaucoup plus élevées;

  5. La décision d’imposer des compteurs a été prise sans véritable débat de société et notamment sans la participation du Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE) ou de commissions d’études indépendantes.


Les actions et revendications de plusieurs groupes citoyens se basent en partie ou en totalité sur ces arguments. En tant que scientifiques, nous nous devons ici de rappeler des faits importants sur la démarche scientifique et le processus de publication chers à nos disciplines. Il est vrai que, dans chacun des cas susmentionnés, un certain nombre de publications scientifiques rapportent des observations préoccupantes, mais cela n’élève aucunement ces observations au rang de preuve. La publication par un ou plusieurs chercheurs d’une étude dans une revue avec comité de lecture ne constitue pas la preuve d’un effet. Elle ne marque pas non plus la fin d’un débat scientifique, mais bien son commencement. Ce n’est qu’après la réplication subséquente des résultats expérimentaux par plusieurs scientifiques indépendants qu’un consensus peut progressivement naître dans la communauté.
Quant aux arguments présentés ci-dessus, les expertises diverses que nous représentons nous permettent d’y répondre point par point :


  1. En réponse à I) : Les milliers d’études réalisées, tant épidémiologiques qu’expérimentales chez l’humain, ne montrent pas de hausse des cas de cancer suite à l’exposition aux radiofréquences de faibles intensités, c'est-à-dire à des intensités égales ou inférieures à celles émises par les téléphones cellulaires. Quelques études ponctuelles6 révélant un lien direct entre radiofréquences et santé ont été publiées, mais elles sont sévèrement critiquées par la communauté scientifique7 et n’ont pas encore été répliquées de manière indépendante. De plus, malgré un usage croissant du téléphone cellulaire, l’incidence globale du cancer du cerveau n’a pas augmenté au cours des dernières années. Ces points ont été largement discutés dans les rapports de l’OMS8, par l’Agence française de santé et sécurité dans l’environnement de travail (AFSSET)9 et, plus près de chez nous, dans l’avis de Santé Publique émis par le Ministère de la santé et des services sociaux du Québec (MSSS) le 16 mars 201210.

  2. En réponse à II) : L’OMS et le MSSS ont aussi émis des avis clairs en ce qui concerne l’hypersensibilité électromagnétique, à savoir que la condition existe, mais qu’elle provient de l’anxiété suscitée par l’existence des sources de radiofréquences dans l’environnement proche de la personne et non par un effet vérifiable des ondes sur le corps11,12. Il n’existe pas non plus de preuve convaincante que quiconque soit capable, dans un test à l’aveugle, de reconnaître la présence de ces ondes par leurs effets sur leur corps.

  3. En réponse à III) : En biophysique, il n’existe aucun mécanisme établi par lequel une onde radiofréquence pourrait induire un effet néfaste sur les tissus humains autre que par chauffage (effets thermiques). De plus, contrairement aux rayonnements ionisants (rayons X, UV, gamma), il n’existe aucune indication que le rayonnement radiofréquence entraîne des dommages chimiques ou physiques qui soient « bioaccumulables ».

  4. En réponse à IV) : La mesure d’intensité à préconiser dans un cas comme celui-ci est la mesure de l’intensité moyenne d’exposition. Toute autre approche, comme la mesure de l’intensité de pointe ou le nombre absolu d’impulsions, confère un biais alarmiste aux résultats. De plus, nous considérons que si un débat devait avoir lieu, celui-ci devrait se concentrer exclusivement sur les effets des téléphones cellulaires sur la santé. Même si les niveaux de puissance impliqués pour ceux-ci sont également faibles, ils constituent, par leur proximité avec le corps, une source d’exposition supérieure à la somme de toutes les autres sources de radiofréquences dans l’environnement urbain.

  5. En réponse à V) : Dans le cas particulier des compteurs intelligents, nous sommes tous d’avis qu’un moratoire et une commission publique dominée largement par la question des effets des radiofréquences sur la santé ne feraient rien d’autre que répéter ce qui a déjà été dit ailleurs13 : c’est-à-dire qu’il n’existe pas de lien clair entre l’exposition aux radiofréquences (en deçà des normes prescrites) et les problèmes de santé quels qu’ils soient14. Nous sommes d’autant plus préoccupés qu’un tel moratoire sur les compteurs basé sur des raisons de santé mène, par analogie directe, à un moratoire sur les émetteurs WiFi dans l’environnement urbain. En effet, si nous condamnons les compteurs, il faut aussi logiquement condamner les émetteurs WiFi, les téléphone cellulaires, les téléphones sans-fil de maison, et les fours à micro-ondes, puisque tous ces appareils émettent des radiofréquences à des niveaux d’intensité égaux ou plus élevés que les compteurs. Nous croyons que de telles mesures constitueraient un recul socioéconomique majeur sans aucun bienfait significatif sur la santé ou l’environnement.


Finalement, nous croyons que le débat actuel sur les radiofréquences et la santé humaine a pour effet de masquer les enjeux réels de l’installation de ces compteurs. Ces enjeux sont, à notre avis, de nature économique, politique et technique : 1) prouver hors de tout doute la rentabilité économique du projet pour le Québec, 2) convaincre la population que l’installation de ces nouveaux compteurs ne se traduira pas par une hausse des coûts de l’électricité pour le contribuable, et 3) s’assurer de la qualité, de la durabilité et de la sécurité (informatique) des installations. Nous laissons à d’autres experts le soin de répondre à ces questions qui sortent du domaine strictement scientifique.
En foi de quoi, nous signons cette lettre et nous encourageons nos collègues d’ailleurs dans le monde à reproduire cette initiative chez eux, car le débat dépasse largement les frontières du Québec et du Canada.
Pour soutenir et signer cette lettre ouverte : Vous pouvez signer cette lettre ouverte en cliquant sur le lien suivant : Technologies radiofréquences : pour un débat responsable et éduqué guidé par la démarche scientifique.
Note aux signataires : Prière de déclarer tout conflit d’intérêt avec Hydro-Québec ou l’industrie des télécommunications sans-fil en marquant votre nom d’un astérisque (*). La définition de conflit d’intérêt adoptée pour cette lettre est la suivante :
Est en conflit d’intérêt avec Hydro-Québec ou une entreprise du secteur des télécommunications (ci-appelé : cette industrie), toute personne :

- recevant une rémunération quelconque de cette industrie;

- recevant directement ou indirectement des contrats de recherches, des subventions de recherches ou du soutien technique monnayable de la part de cette industrie;

- agissant, à titre bénévole, à un conseil d’administration ou comme conseiller dans cette industrie.


#

Nom complet et spécialisation

Fonctions professionnelles

Lien identifiant (adresse postale, courriel, ou site Web)

1

Thomas Gervais

Chargé d’enseignement, École Polytechnique de Montréal.

Journaliste scientifique, Le Code Chastenay, Télé-Québec.

Thomas.Gervais@polymtl.ca


2

Richard Leonelli

Professeur titulaire, département de physique, Université de Montréal

Richard.Leonelli@umontreal.ca

3

Jean-Jacques Laurin

Professeur titulaire, département de génie électrique, École Polytechnique de Montréal

Jean-Jacques.Laurin@polymtl.ca

4

Lorne Trottier

Lorne Trottier

Co-fondateur Matrox Ltée

Lorne.Trottier@matrox.com

5

Pierre Savard

Professeur titulaire et Directeur des programmes, Institut de génie biomédical, École Polytechnique de Montréal

Pierre.Savard@polymtl.ca

6

Léon Sanche

Professeur, Chaire de recherche en sciences biomédicales des radiations

Département de médecine nucléaire

et de radiobiologie. Faculté de médecine

Université de Sherbrooke

Leon.Sanche@usherbrooke.ca

7

Normand Mousseau

Professeur; Titulaire de la Chaire de recherche du Canada en physique numérique des matériaux complexes, Département de physique, Université de Montréal; Producteur et animateur, "La Grande Équation", Radio Ville-Marie.

Normand.Mousseau@umontreal.ca

8

Joe Schwarcz

Director, Office for science and society, McGill university

Joe.Schwarcz@mcgill.ca

9

Victoria Kaspi

Professor of physics, McGill University

vkaspi@physics.mcgill.ca

10

Matt Dobbs

Canada research chair in astro-particle physics, department of physics, McGill University

Matt.Dobbs@mcgill.ca

11

Panagiotis Vasilopoulos

Professeur titulaire, Département de physique, Université Concordia

takis@alcor.concordia.ca

12

Ricardo Izquierdo

Professeur, programme de génie microélectronique, Département d’informatique, UQÀM

Izquierdo.Ricardo@uqam.ca

13

Andrew Kirk*

Interim dean of engineering, James McGill Professor, McGill University

Andrew.Kirk@mcgill.ca

14

Guy Marleau*

Professeur de génie physique et nucléaire, École Polytechnique de Montréal

Guy.Marleau@polymtl.ca

15

Alain Pignolet

Professeur,

Centre Énergie Matériaux Télécommunications

INRS - Institut National de la Recherche  Scientifique

Pignolet@emt.inrs.ca

16

Yves-Alain Peter

Professeur de génie physique, École Polytechnique de Montréal

Yves-Alain.Peter@polymtl.ca

17

Michel Perrier

Professeur, directeur du département de génie chimique, École Polytechnique de Montréal

Michel.Perrier@polymtl.ca

18

Sjoerd Roorda

Professeur titulaire, département de physique, Université de Montréal.

Sjoerd.Roorda@umontreal.ca

19

Michel Côté

Professeur titulaire, département de physique, Université de Montréal

Michel.Cote@umontreal.ca

20

David Sénéchal

Professeur titulaire, département de physique, Université de Sherbrooke

David.Senechal@usherbrooke.ca

21

Martin Grant*

Dean of science, McGill University

Martin.Grant@mcgill.ca

22

René Côté

Professeur titulaire, département de physique, Université de Sherbrooke

Rene.Cote@USherbrooke.ca

23

Frank P Ferrie

Professeur titulaire, département d’ingénierie électrique et informatique, Université McGill

frank.ferrie@mcgill.ca

24

Ariel Fenster

Professeur,

Organisation pour la science et la société, Université McGill

Ariel.Fenster@mcgill.ca

25

Richard Martel

Professeur titulaire et Chaire de recherche du Canada sur les nanostructures et interfaces, Département de chimie, Université de Montréal

Richard.Martel@umontreal.ca

26

Gregory De Crescenzo

Professeur, Chaire de recherche du Canada sur les biomatériaux protéinés, École Polytechnique de Montréal

gregory.decrescenzo@polymtl.ca

27

Richard Gourdeau

Professeur titulaire, département de génie électrique, École Polytechnique de Montréal

Richard.Gourdeau@polymtl.ca

28

Mohamad Sawan

Professeur titulaire et chaire de recherche du Canada en dispositifs médicaux intelligents, Polytechnique Montréal

Mohamad.Sawan@polymtl.ca

29

Nicolas Saunier

Professeur adjoint, Département de génie civil, géologique et des mines, École Polytechnique de Montréal

Nicolas.Saunier@polymtl.ca

30

Guchuan Zhu

Professeur, département de génie électrique, École Polytechnique de Montréal

Guchuan.Zhu@polymtl.ca

31

André-Marie Tremblay

Professeur, département de physique

Chaire de recherche du Canada en physique de la matière condensée

Andre-Marie.Tremblay@polymtl.ca

32

Pierre Carreau

Professeur Émérite, département de génie chimique, École Polytechnique de Montréal

pcarreau@polymtl.ca

33

Georges-Émile April

Professeur titulaire, département de génie électrique, École Polytechnique de Montréal

Georges-Emile.April@polymtl.ca

34

Frédéric Sirois

Professeur, département de génie électrique, École Polytechnique de Montréal

Frederic.Sirois@polymtl.ca

35

Alain Rochefort

Professeur, département de génie physique, École Polytechnique de Montréal

Alain.Rochefort@polymtl.ca

36

Michel Piché

Professeur, département de physique, de génie physique et d’optique, Université Laval

Michel.Piche@copl.ulaval.ca

37

Jason Robert Tavares

Professeur adjoint, département de génie chimique, École Polytechnique de Montréal

Jason.Tavares@polymtl.ca

38

Michael D. Buschmann

Professeur titulaire, Chaire de recherche du Canada en génie tissulaire du cartilage

mike@grbb.polymtl.ca

39

Marc Laforest

Professeur agrégé, département de mathématiques et génie industriel, École Polytechnique de Montréal

Marc.Laforest@polymtl.ca

40

Jean-François Frigon

Professeur agrégé, département de génie électrique, École Polytechnique de Montréal

J-F.Frigon@polymtl.ca

41

Robert Guardo

Professeur associé, département de génie électrique, Institut de génie biomédical, École Polytechnique de Montréal

Robert.Guardo@polymtl.ca

42

Denis Mitchell

Professor, Department of Civil Engineering, McGill University

Denis.Mitchell@mcgill.ca

43

Peter Grütter

James McGill Professor, Department of physics, McGill University

Peter.Grutter@mcgill.ca

44

Jim Cline

Professor of physics, McGill University

JCline@hep.physics.mcgill.ca

45

David Cooke

Assistant Professor, Department of Physics, McGill University

David.Cooke2@mcgill.ca

46

Charles Gale

James McGill professor, Chair of the department of physics

Gale@physics.mcgill.ca

47

Andreas Warburton

Associate professor, department of physics, McGill University

Andreas.Warburton@mcgill.ca

48

David Covo

Associate professor, Department of architecture, McGill University

David.Covo@mcgill.ca

49

Keith Vanderlinde

Postdoctoral fellow, department of physics, McGill University

Keith.Vanderlinde@mail.mcgill.ca

50

Dominic Ryan

Professor, Department of physics, McGill University

Dominic@physics.mcgill.ca

51

David A. Lowther

James McGill Professor, Department of electrical engineering, McGill University

David.Lowther@mcgill.ca

52

David Ronis

Professor and associate chair, Department of chemistry, McGill University

David.Ronis@mcgill.ca

53

Khaled Arfa

Chargé d’enseignement, département de genie électrique, École Polytechnique de Montréal

Khaled.Arfa@polymtl.ca

55

Nicolas Godbout

Professeur titulaire, Département de génie physique, École Polytechnique de Montréal

Nicolas.Godbout@polymtl.ca

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